Libye: les anti-Kadhafi prennent un bastion du Sud, le CNT à New York

Par La rédaction

BENGHAZI (Libye) (AFP) - (AFP)

 Les forces du Conseil national de transition (CNT) ont progressé dans le sud du pays, près de l'oasis de Sebha, l'un des derniers bastions du dirigeant déchu Mouammar Kadhafi, avec Syrte et Bani Walid, à encore résister.

Alors que les combats se poursuivent sur le terrain, les Etats-Unis et leurs partenaires dans le dossier libyen se réuniront mardi à New York en marge de l'Assemblée générale de l'ONU pour soutenir le CNT et évoquer l'avenir du pays après la chute du colonel Kadhafi.

La réunion suivra de près la première rencontre en tête-à-tête entre le président américain Barack Obama et Moustapha Abdeljalil, chef du CNT, l'organe politique des ex-rebelles qui a reporté dimanche l'annonce d'un gouvernement de transition faute d'accord sur sa composition.

Lundi, les combattants pro-CNT, qui harcèlent les soldats loyalistes à Syrte (360 km à l'est de Tripoli) depuis six jours et à Bani Walid (170 km au sud-est de la capitale), ont ouvert une nouvelle brèche dans le sud libyen désertique.

Ils sont entrés dans Sebha, fief de la tribu des Kadhadfa dont fait partie Mouammar Kadhafi, à 750 km au sud de Tripoli, a annoncé à l'AFP dans la nuit de lundi à mardi Mohamed Wardougou, représentant de la "brigade du bouclier du désert" à Benghazi (est).

Ils "ont pris l'aéroport, la citadelle et la caserne Fares", a-t-il assuré, ajoutant que "les combats se poursuivaient dans quelques quartiers" après la fuite de "300 mercenaires de Kadhafi".

Dans le même temps, "le général Belgacem Al-Abaaj, chef des renseignements du régime de Kadhafi dans la région d'Al Khofra, a été capturé lundi vers 17H00 (15H00 GMT) entre les villes de Sebha et d'Oum Alaraneb", a-t-il poursuivi.

 Plus au nord, sur la côte méditerranéenne, les combattants du front Est, désormais à une trentaine de km de Syrte, ont pris lundi soir la ville de Soultana dans la région natale du "Guide" libyen déchu.

Moustapha ben Dardaf, commandant d'une brigade, a annoncé qu'un de ses hommes y avait été tué et un autre blessé."Mais la bonne nouvelle, c'est que nos combattants ont avancé encore de quelques kilomètres.Dans deux ou trois jours, nous serons à Syrte", a-t-il assuré dans la nuit à l'AFP.

De leur côté, les combattants du front Ouest cherchaient surtout à consolider leurs positions et à dégager les principales artères de Syrte pour laisser partir les civils.

D'après un porte-parole militaire du CNT, les combats se concentraient autour du complexe de Ouagadougou, où le colonel Kadhafi tenait des sommets panafricains, qui semble être devenu la nouvelle base de la célèbre 32e Brigade.

Les combattants estiment que cette unité d'élite commandée par Khamis Kadhafi, un fils du dirigeant déchu dont les pro-CNT ont déjà annoncé la mort à plusieurs reprises, a été reprise par son frère Mouatassim, médecin et militaire de carrière.

A Bani Walid, vaste oasis au relief accidenté, les combattants des nouvelles autorités peinent à progresser: en cause, la "nature géographique et la forte présence de tireurs embusqués" pour Ahmed Omar Bani, porte-parole militaire du CNT à Tripoli.

Mais les combattants sur le terrain ont d'autres griefs: "Certains sont énervés, il y a une semaine on disait qu'on allait libérer Bani Walid en quelques heures mais c'est un front difficile avec une forte résistance et le pire c'est l'absence de coordination et d'organisation entre révolutionnaires", a dit à l'AFP Abdou, qui préfère taire son nom de famille.

Selon des commandants sur le terrain, Seif al-Islam, le fils le plus en vue du colonel Kadhafi, a été vu à Bani Walid et l'ancien "Guide" lui-même pourrait également s'y trouver.Mais le sort de Mouammar Kadhafi et de ses fils, dont trois sont réfugiés en Algérie ou au Niger et deux seraient morts, a déjà donné lieu à de nombreuses rumeurs.

A New York, parmi les enjeux de la réunion sur le dossier libyen figure notamment "l'expression par le CNT de ses besoins en matière de reconstruction" et "la réaffirmation du soutien de la communauté internationale à la Libye nouvelle", a affirmé le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé.

"Mardi, symboliquement la Libye nouvelle sera donc pleinement intégrée aux Nations unies", a ajouté M. Juppé, alors que le drapeau libyen vert, rouge et noir, emblème de l'ancienne monarchie repris par les rebelles, a été hissé pour la première fois lundi devant les Nations unies à New York.