Libye: les discussions sur le cessez-le-feu reprennent à Syrte

10 novembre 2020 à 16h29 par AFP

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Les discussions sur la mise en oeuvre du cessez-le-feu en Libye ont repris mardi entre délégations militaires des deux camps rivaux dans la ville de Syrte, située sur la ligne de front, selon l'ONU qui parraine les pourparlers.

Il s'agit de la première réunion que tient cette Commission, composée de cinq responsables militaires de chacun des deux camps, à son siège à Syrte, dans le centre de la Libye.Syrte est située sur la ligne séparant les fiefs des deux principaux camps rivaux en Libye: celui du gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par l'ONU et siégeant à Tripoli dans l'Ouest, et le camp emmené par le maréchal Khalifa Haftar dans l'Est.Le commandement des forces du GNA a accusé sur Twitter des mercenaires russes d'un groupe déployé auprès du maréchal Haftar de les avoir empêchés d'atterrir à Syrte, les obligeant à faire une partie du trajet par la route.Lors de précédentes discussions à Ghadamès (sud), les deux camps avaient convenus début novembre du "départ des forces étrangères des lignes de front".La Commission doit discuter de "l'application de l'accord de cessez-le-feu, notamment par la création de sous-comités spécialisés", a indiqué l'ONU dans un communiqué sans plus de précision.Les discussions se déroulent parallèlement à des pourparlers politiques qui ont débuté lundi à Tunis. Pendant une semaine, 75 délégués y sont chargés de mettre sur pied un exécutif unifié, avec un conseil présidentiel et un chef de gouvernement, et s'accorder sur une feuille de route vers les élections.Cette liste de délégués faisait polémique en Libye mardi, aussi bien sur les réseaux sociaux que dans la presse locale.Les critiques visent notamment des chefs de milice et d'anciens membres du Congrès général national réputés proches de la mouvance islamiste, lesquels avaient refusé, en 2014, de céder la place au Parlement élu, dominé alors par les anti-islamistes.L'une des principales organisations représentatives des Touaregs, minorité marginalisée dans le sud du pays, a regretté que leur communauté n'ait pas été suffisamment représentée. La Force de protection de Tripoli, une importante milice de l'Ouest libyen, a pour sa part estimé que la liste "exclut de nombreuses forces militaires et politiques"."C'est tragique de voir que des gens qui ont détruit le pays sont là assis à parler au nom de la Libye," écrit ainsi un internaute, @abdomasoud89.