Libye: les forces du CNT tentent d'encercler Syrte avant la bataille

Par La rédaction

WADI BEY (Libye) (AFP) - (AFP)

Un convoi de combattants pro-CNT a essuyé des tirs nourris jeudi alors qu'il tentait de progresser vers Syrte, la région natale du dirigeant en fuite Mouammar Kadhafi et l'un des derniers bastions que les nouvelles autorités libyennes tentent de récupérer.

Les combats ont débuté quand le convoi lourdement armé s'est approché de maisons après avoir pénétré dans la localité de Wadi Bey, située à 130 km au sud-ouest de Syrte au milieu du désert, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Il y a un groupe de jeunes qui veut résister.Nous leur avons donné deux heures pour déposer les armes mais ils ont refusé", a déclaré le colonel Bachir Ali, un commandant pro-CNT sur le terrain.

"Nous leur avons parlé aujourd'hui et nous leur avons dit de faire sortir les femmes et les enfants mais c'est sûr, il y a encore des familles là-bas.J'espère que personne ne sera blessé", a-t-il poursuivi.

Plusieurs centaines de pick-up surmontés d'armes lourdes étaient partis de Misrata jeudi matin sous une forte chaleur sur la côte à l'ouest de Syrte, sous le regard des habitants qui faisaient le V de la victoire et scandaient "Dieu est grand".

Au carrefour d'Abou Qarin, le convoi, composé de 900 véhicules selon le Conseil militaire de Misrata, s'est divisé pour encercler Syrte depuis trois fronts.

"Nous allons rendre à Kadhafi la monnaie de sa pièce.Nous avons été attaqués à Misrata sur trois fronts et à présent nous allons attaquer Syrte sur trois fronts", a indiqué à l'AFP Fawzy Sawawy, commandant de la Brigade des Montagnes à Tawarga.

"Nous allons encercler et libérer Syrte", a-t-il affirmé."Nous voulons sécuriser la route de Ras Jedir (à la frontière tunisienne - extrême ouest) à Salloum (à la frontière égyptienne - extrême est)."

Une partie du convoi a pris la route côtière vers Syrte, une autre une route serpentant à travers le désert, tandis que le groupe de Sawawy s'est enfoncé plus profondément vers le Sud après avoir subi des tirs nourrirs à Wadi Bey, où trois combattants pro-CNT ont été blessés, selon le commandant.

Alors qu'ils avançaient lentement vers l'est, une journaliste de l'AFP a reçu des informations, non confirmées, évoquant des frappes de l'Otan sur un convoi de véhicules pro-Kadhafi roulant vers le sud, à environ 50 km de Syrte.

Les toits des véhicules du convoi de Misrata étaient d'ailleurs peints en jaune et rouge pour que l'Otan ne les confonde pas avec des pro-Kadhafi.

"La prochaine grande bataille sera Syrte", explique Achraf al-Qot, un jeune de 17 ans originaire de Misrata qui combat depuis le début du conflit.

"Syrte n'est pas aussi important que Tripoli symboliquement mais nous pensons que la résistance à Syrte sera plus grande que dans la capitale car les soldats de Kadhafi ont battu en retraite" lors de l'attaque contre Tripoli.

"Les mercenaires ne se rendent pas, ils combattront jusqu'à la mort, mais les soldats de Kadhafi pourraient se rendre car il ne sera vraisemblablement pas sur place pour commander leur loyauté", ajoute ce combattant de la brigade des Montagnes.

Pour Ali Ligod, 25 ans, de Misrata, "il y aura seulement de petits accrochages et ils battront en retraite.Par exemple, à Tripoli nous pensions qu'il y aurait une bataille énorme mais il n'y en a eu qu'une petite".

"Nous préfèrerions régler l'affaire de manière pacifique sans effusion de sang", assure-t-il.

Mercredi soir, Mouammar Kadhafi, toujours en fuite, et son porte-parole Moussa Ibrahim se sont tous deux exprimé via la chaîne Arraï basé en Syrie sur la situation à Syrte.

Le colonel Kadhafi a accusé l'Otan de "terrorisme et de destructions indescriptibles à Syrte", selon la chaîne, qui diffuse régulièrement ses messages.

Son porte-parole Moussa Ibrahim a lui accusé lors d'une intervention en direct sur la chaîne les combattants du CNT d'"affamer des régions entières pour les obliger à se rendre", en allusion aux bastions pro-Kadhafi, citant en particulier Syrte et Bani Walid.