Libye: les rebelles demandent à être reconnus par les Etats-Unis

13 mai 2011 à 6h11 par La rédaction

WASHINGTON (AFP)

Le chef de la diplomatie de la rébellion libyenne, Mahmoud Jibril, a déclaré jeudi qu'il souhaitait que les Etats-Unis reconnaissent officiellement les rebelles libyens, à la veille d'entretiens à la Maison Blanche. 

Dans le même temps, dopés par leur succès à l'aéroport de Misrata (ouest), les reblles s'apprêtaient vendredi à marcher sur Zliten, avec en ligne de mire Tripoli, à 200 km à l'ouest, où le complexe résidentiel du colonel Mouammar Kadhadi a été bombardé jeudi par l'Otan.

Interrogé sur la chaîne CNN sur ce qu'il attend des entretiens qu'il aura vendredi avec l'administration américaine à la Maison Blanche, Mahmoud Jibril a déclaré: "nous avons besoin d'être reconnus" officiellement par les Etats-Unis.

 Le responsable du Conseil national de transition (CNT) souhaite que le CNT soit reconnu comme "l'unique représentant légitime du peuple libyen", a-t-il ajouté.

 A l'inverse de la France, de l'Italie, du Qatar et de la Gambie, les Etats-Unis n'ont pas officiellement reconnu le CNT, qui siège à Benghazi (est de la Libye), comme le représentant légitime du peuple libyen, à la place du régime du colonel Kadhafi, au pouvoir depuis plus de 40 ans à Tripoli.

 M.Jibril sera reçu vendredi à la Maison Blanche par le conseiller du président Obama pour la Sécurité nationale, Tom Donilon.Il a rencontré depuis son arrivée à Washington des parlementaires américains et des responsables de l'administration.

Plus tôt jeudi, lors d'un discours devant le centre de réflexion Brookings, M. Jibril a pronostiqué une chute du régime Kadhafi "dans les quelques semaines à venir" et demandé l'aide des Etats-Unis pour aider financièrement les insurgés.

 "Soit une répression interne aura lieu, soit un effondrement total du régime va se produire dans les quelques semaines à venir, avec un peu de chance", a déclaré M. Jibril, au moment où les insurgés ont remporté un succès militaire à l'aéroport de Misrata (ouest). "Nous sommes face à un problème financier très aigu (...), n'avons presque plus d'argent", a-t-il expliqué, rappelant que les avoirs du régime libyen gelés sont estimés à plus de 30 milliards de dollars pour les seuls fonds présents aux Etats-Unis.

 Les Etats-Unis vont puiser dans les fonds libyens bloqués sur leur territoire pour "aider le peuple" libyen, a annoncé jeudi à Rome la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.

De source proche de l'administration, Washington pourrait ainsi verser à court terme plus de 150 millions de dollars aux rebelles.

Pendant que M. Jibril prenait la parole à Washington, le chef du CNT Moustapha Abdeljalil était à Londres pour rencontrer le chef du gouvernement britannique David Cameron.Ce dernier a fait jeudi un pas de plus dans son soutien à l'opposition libyenne, en l'"invitant" à ouvrir un bureau à Londres, le premier en Europe.