Libye: nouvelle offensive rebelle dans l'Ouest, près de la frontière tunisienne

Par La rédaction

ZENTEN, Libye (AFP) - (AFP)

Les rebelles libyens, tout en continuant de marquer des points sur le terrain diplomatique, ont déclenché jeudi une offensive sur la ville d'Al-Ghazaya, près de la frontière tunisienne, au sud-ouest de Tripoli.

"Les rebelles ont lancé une offensive mercredi sur Al-Ghazaya", ont annoncé à un correspondant de l'AFP des sources militaires et hospitalières à Zenten, centre névralgique de la rébellion dans l'ouest de la Libye.

C'est à partir d'Al-Ghazaya, à une dizaine de kilomètres de la frontière tunisienne, que les forces loyales au dirigeant Mouammar Kadhafi ont intensifié ces derniers jours leurs tirs de roquettes Grad sur Nalout, cité aux mains des insurgés à 230 km à l'ouest de Tripoli.

Cette région montagneuse du Nefoussa est le théâtre depuis plusieurs mois de combats entre la rébellion, qui y a déclenché début juillet une offensive majeure, espérant notamment avancer vers la capitale libyenne, et les forces fidèles au colonel Kadhafi.

De son côté, l'Otan maintient une forte pression sur les loyalistes avec toujours des dizaines de raids aériens quotidiens.

Par ailleurs, les rebelles libyens ont déclaré mercredi avoir fait, sans succès, une offre à Mouammar Kadhafi de passer la main tout en restant au pays.

"Nous avons fait une proposition.Le délai est passé.La proposition n'est plus valable", a dit le chef du Conseil national de transition (CNT), l'organe politique des rebelles libyens à Benghazi (est), Moustafa Abdeljalil.

Aux termes de cette offre, Mouammar Kadhafi devait abandonner ses fonctions, son lieu de résidence aurait été "le choix du peuple libyen" et il aurait été placé sous "surveillance étroite", a-t-il ajouté.

La France et la Grande-Bretagne, ainsi qu'un responsable de la rébellion, ont suggéré ces derniers jours que le colonel Kadhafi puisse être autorisé à certaines conditions à rester en Libye, du moment qu'il quittait le pouvoir.

Des points pour la rébellion sur le front diplomatique

En réponse, le dirigeant libyen a à nouveau défié mercredi soir l'Otan et les insurgés, dans un message sonore à ses partisans à Zalten (à 120 km à l'ouest de Tripoli).

"Nous n'avons pas peur.Nous les défions.Nous paierons le prix avec nos vies, nos femmes et nos enfants.Nous sommes prêts au sacrifice pour défaire l'ennemi", a-t-il assuré.

L'envoyé spécial de l'ONU pour la Libye Adbel-Elah Al-Khatib n'a, quant à lui, fait état d'aucun progrès à l'issue de ses discussions en début de semaine avec des représentants du CNT, puis avec le Premier ministre libyen, Baghdadi al-Mahmoudi.

Prudent lui aussi, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague estime que le mouvement insurrectionnel pourrait se jouer sur une génération avant de porter ses fruits.

En attendant, la Grande-Bretagne a reconnu le CNT en tant que seul "gouvernement légitime" de Libye et l'a invité à s'installer à l'ambassade de ce pays à Londres après expulsion des diplomates fidèles au colonel Kadhafi.

Une reconnaissance qualifiée par le vice-ministre libyen des Affaires étrangères Khaled Kaaim d'"irresponsable" et d'"illégale".

Le Royaume-Uni qui participe activement aux opérations engagées le 19 mars contre les forces pro-Kadhafi, a en outre décidé de mettre fin au gel d'actifs pétroliers libyens, d'une valeur de 91 millions de livres (102 millions d'euros).Bloqués dans le cadre d'une résolution des Nations unies, ils seront transférés à la rébellion.

Les Etats-Unis disent pour le moment étudier une demande du CNT en vue d'ouvrir une ambassade à Washington.