Libye: quelque 3.500 ressortissants d'Afrique de l'Ouest de retour

Par La rédaction

NIAMEY (AFP) - (AFP)

Quelque 3.500 travailleurs ouest-africains sont retournés depuis novembre en Libye, dont ils étaient partis en raison du conflit qui déchirait le pays, a annoncé vendredi l'ONU.

"Au total, 3.478 migrants ont transité par Dirkou (nord du Niger) vers la Libye entre le 1er novembre et le 16 décembre 2011", indique le Bureau des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) dans un communiqué transmis à l'AFP à Niamey.

Entre le 9 et le 16 décembre, 1.114 personnes, dont 53 femmes et 13 enfants, ont franchi la frontière avec la Libye, précise Ocha, relevant que "les mouvements de population vers la Libye se poursuivent".

Dans le même temps, l'agence onusienne a constaté un tarissement du flux de migrants venant de Libye, avec l'arrivée au Niger de seulement "125 personnes" du 1er novembre au 16 décembre.

Des centaines de milliers de ressortissants d'Afrique de l'Ouest vivaient et travaillaient (en majorité clandestinement) en Libye avant le déclenchement en février d'une rébellion contre le régime de Mouammar Kadhafi, tué le 20 octobre.

Plus de 200.000 Nigériens avaient fui la Libye en raison de la guerre, selon Niamey.

"Ceux qui remontent en Libye sont essentiellement des jeunes gens, dont des Ouest-Africains et de nombreux Nigériens, qui espèrent y retrouver leurs anciens emplois", a expliqué à l'AFP un passeur de clandestins joint au téléphone à Agadez, la grande ville du nord nigérien.

"Avec la crise alimentaire qui sévit dans nos régions, nous sommes certains qu'ils seront encore plus nombreux à braver les dangers liés au désert et à l'insécurité pour aller en Libye travailler", a-t-il ajouté.

"Les jeunes qui retournent en Libye estiment que la guerre est terminée, et les exactions sur les Noirs ont aussi cessé", a déclaré à l'AFP une source sécuritaire à Agadez.

Les Africains noirs étaient souvent soupçonnés par les rebelles désormais au pouvoir en Libye d'être des mercenaires pro-Kadhafi.

Le Niger, pays sahélien très pauvre, est de nouveau menacé cette année par une crise alimentaire après une mauvaise campagne agricole causée notamment par des pluies insuffisantes.