Libye: un projet de résolution à l'ONU évoque des crimes contre l'humanité

Par La rédaction

NEW YORK (Nations unies) (AFP)

Un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU rédigé par les Occidentaux avertit Mouammar Kadhafi qu'il pourrait être poursuivi pour crimes contre l'humanité, ont indiqué vendredi des diplomates.

Ce projet de résolution, qui circule parmi les quinze pays membres du Conseil réunis à propos de la crise en Libye, évoque aussi des sanctions telles qu'un embargo sur les armes, un embargo sur les voyages du colonel Kadhafi et un gel de ses avoirs, selon ces diplomates.

 Le projet de résolution indique également que la Cour pénale internationale (CPI) devrait enquêter sur les violences dans le pays.

Le Conseil doit prendre des mesures décisives concernant la Libye, a estimé le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.

"Une perte de temps signifie une perte de vies humaines", a-t-il dit devant le Conseil de sécurité."Il est temps pour le Conseil de sécurité de considérer des mesures concrètes".

"Les heures et les jours qui viennent seront décisifs pour les Libyens et leur pays, avec des implications aussi importantes pour la région", a-t-il souligné.

"La violence doit cesser", a jugé le chef de l'ONU."Ceux qui versent avec tant de brutalité le sang d'innocents doivent être punis", a-t-il ajouté, citant le chiffre de plus de 1.000 morts.

"Il y a des affrontements quotidiens dans au moins trois villes près de Tripoli", selon M. Ban."Les gens ne peuvent pas quitter leur maison de peur d'être abattus par les forces gouvernementales ou les milices".

"Les partisans du colonel Kadhafi se seraient livrés à des recherches maison par maison.Selon certaines informations, ils seraient allés dans les hôpitaux pour tuer les opposants blessés", a-t-il encore indiqué.

"Il y a d'autres informations sur le meurtre de soldats qui refusaient de tirer sur leurs concitoyens", a relevé Ban Ki-moon.

Il a encore énuméré "des informations sur des tueries indiscriminées, d'arrestations arbitraires, de tirs sur des manifestants pacifiques, de détention et de torture de membres de l'opposition et de l'utilisation de mercenaires étrangers".

Le Conseil a terminé ses consultations sur la Libye vendredi et les reprendra samedi à 11H00 (16H00 GMT), selon un responsable onusien.

Parallèlement, l'ambassadeur de Libye à l'ONU, Mohammed Shalgham, a fait défection, comme l'avait fait lundi son adjoint Ibrahim Dabbashi, a indiqué un diplomate sous le couvert de l'anonymat.

L'ambassadeur, qui jusque-là était resté loyal au colonel Kadhafi, a dénoncé devant le Conseil de sécurité les "exactions" commises dans son pays.

 "S'il vous plaît, Nations unies, sauvez la Libye.Qu'il n'y ait pas d'effusion de sang, pas de tueries", a-t-il imploré."Il est important pour nous, peuple libyen, que le Conseil de sécurité prenne maintenant une vraie décision pour arrêter l'effusion de sang".

"Vous ne pouvez pas être un dirigeant, un roi ou un président si vous tuez votre peuple", a-t-il encore dit.

Ces propos marquent un revirement total de l'ambassadeur qui ces derniers jours encore avait dit aux journalistes qu'il était un ami du colonel Kadhafi et qu'il ne pouvait pas le trahir.