Libye: un responsable gouvernemental enlevé à Tripoli, selon l'ONU

10 août 2021 à 18h35 par AFP

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Rida Faraj Fraitis, chef de cabinet d'un des deux vice-Premiers ministres de Libye, a été enlevé la semaine dernière dans la capitale Tripoli par des hommes armés, a rapporté l'ONU mardi soir, en se disant "profondément préoccupée" par ce rapt.

"Des hommes armés non identifiés ont enlevé le 2 août M. Fraitis et un de ses collègues, après qu'il a visité les locaux du Gouvernement d'unité nationale (GNU) à Tripoli", a fait savoir la Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul)."Le sort et l'endroit où se trouvent M. Fraisis et son collègue restent inconnus et la Manul craint pour leur sécurité", a ajouté la mission onusienne dans un communiqué. Se déclarant "préoccupée" par le fait "que des individus ayant assumé des rôles d'appui à la transition démocratique en Libye et aux institutions de l'État soient ciblés de cette manière", la Manul s'inquiète des "graves conséquences" de cet enlèvement sur "le processus de paix et de réconciliation" en cours. Le gouvernement de transition dirigé par l'homme d'affaires Abdelhamid Dbeibah et installé à Tripoli n'a pas réagi à cet enlèvement, qui n'avait jusque-là par été rapporté par la presse locale. La Libye tente de s'extraire d'une décennie de violences sanglantes depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, un chaos marqué ces dernières années par l'existence de pouvoirs rivaux dans l'Est et l'Ouest.Après la fin des combats à l'été 2020, un gouvernement unifié et transitoire a été formé en début d'année sous l'égide de l'ONU, pour mener le pays à des élections législatives et présidentielle prévues en décembre. Mais malgré les progrès enregistrés sur le plan politique, la situation sécuritaire reste précaire dans le riche pays pétrolier miné par le poids des milices et la présence de mercenaires étrangers. Dans son communiqué de mardi, la Manul a ainsi déclaré avoir "documenté un certain nombre de cas d'arrestations et de détentions illégales, de disparitions forcées, de torture et d'exécutions extrajudiciaires", appelant les autorités libyennes à "enquêter de manière approfondie sur toutes les allégations de violations du droit international des droits de l'Homme".En juin, un représentant du Croissant-Rouge en Libye avait été enlevé par des inconnus dans l'Est du pays, région contrôlée de facto par le maréchal Khalifa Haftar, où les enlèvements et les assassinats sont fréquents."La Libye doit mettre fin à la culture de l'impunité enracinée dans le pays", a déclaré mardi l'envoyé spécial de l'ONU en Libye, Jan Kubis.