Libye: un retrait des forces étrangères serait "un signal important" (Merkel)

Par AFP

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La chancelière Angela Merkel a estimé lors d'un entretien mercredi avec le président turc Recep Tayyip Erdogan qu'un retrait des forces étrangères et mercenaires de Libye serait "un signal important" de soutien au gouvernement libyen de transition.

Lors d'une visioconférence, les deux dirigeants "étaient d'accords pour soutenir le nouveau gouvernement de transition mené par Abdelhamid Debibah dans l'amélioration de l'approvisionnement de la population et l'organisation des élections à la fin de cette année", a indiqué Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière dans un communiqué.Angela Merkel a souligné à cet égard "que le début prochain d'un retrait des soldats et des mercenaires étrangers serait un signal important", a-t-il précisé.L'ONU estime à environ 20.000 le nombre de militaires étrangers, principalement venus de Turquie, et de mercenaires (russes, syriens, tchadiens et soudanais) déployés en Libye. Lundi, le gouvernement libyen avait appelé Ankara à coopérer pour faciliter le départ de ces troupes. Le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu, en visite à Tripoli, avait de son côté critiqué "ces voix qui se font entendre et qui mettent sur un pied d'égalité la présence turque en Libye et celle de groupes illégitimes".Fin avril, la Ligue des Etats arabes, l'ONU, l'Union européenne et l'Union africaine avaient réclamé ensemble "un retrait immédiat et sans conditions de toutes les forces étrangères et mercenaires" du pays.La Libye tente de s'extraire d'une décennie de conflit, depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi. Un chaos marqué par l'existence ces dernières années de deux pouvoirs rivaux, en Tripolitaine (Ouest) et Cyrénaïque (Est). Lors de la guerre entre ces pouvoirs rivaux en 2019 et 2020, la Turquie a soutenu activement le Gouvernement d'union nationale (GNA), installé à Tripoli et reconnu par l'ONU, alors que le camp de l'Est, incarné par la maréchal Khalifa Haftar, a reçu l'appui des Emirats, de la Russie et de l'Egypte.Après la fin des combats l'été dernier et la signature d'un accord de cessez-le-feu, un nouveau gouvernement d'unité a vu le jour.Cet exécutif dirigé par l'homme d'affaires Abdelhamid Debibah, doit assurer la transition d'ici des élections nationales prévues en décembre.