Libye: une solution sans Kadhafi est impossible, estime son fils Seif Al-Islam

Par La rédaction

PARIS (AFP) - (AFP)

Seif Al-Islam Kadhafi, deuxième fils du Guide libyen et porte-parole officieux du régime, estime "impossible" une solution au conflit qui "n'implique pas" son père, dans un entretien au journal français Le Monde publié lundi.

"Mon père ne fait pas partie des négociations.C'est un conflit libyen avec des Libyens et des traîtres, des milices, des terroristes.Vous pensez qu'on peut trouver une solution qui ne l'implique pas ? Non c'est impossible", déclare-t-il.

Le fils du colonel Kadhafi juge également qu'"avec ou sans l'Otan, les rebelles (qu'il qualifie de "rats") vont perdre" la guerre."Les rats n'ont strictement aucune chance de contrôler ce pays".

"L'opération de l'Otan est particulièrement stupide, mal préparée.Tout a été fait dans la hâte.Une campagne fast-food, une campagne McDonald's.Nous, nous avons notre armée.Nous avons plus de munitions, plus d'armes.Le moral est au plus haut", assure-t-il.

Agé de 39 ans, Seif Al-Islam Kadhafi fut longtemps présenté comme le successeur de son père même s'il n'occupe pas de fonction officielle.

Tout comme le dirigeant libyen et le chef des services de renseignements du régime, Abdallah Al-Senoussi, il fait l'objet d'un mandat d'arrêt pour crimes contre l'humanité délivré par la Cour pénale internationale (CPI).

"On pense plus à la bataille en cours pour l'instant qu'à la CPI", affirme-t-il.

Pour mettre fin au conflit, Seif Al-Islam Kadhafi se dit prêt à la "paix", la "démocratie", les "élections" ou la "guerre"."Moi, j'aime la démocratie.Je veux que la Libye soit la Suisse ou l'Autriche du Moyen-Orient", dit-il.

Il revient aussi sur le soutien apporté aux rebelles par Nicolas Sarkozy, qui avait reçu le colonel Kadhafi avec tous les honneurs en 2007 à Paris.

"On considérait M. Sarkozy comme notre meilleur ami en Europe.La relation qu'il avait avec mon père était tellement spéciale (...) En une nuit il a changé d'avis", déplore-t-il, l'attribuant au fait que la Libye n'a pas signé "beaucoup de contrats" commerciaux avec Paris.