Libye : visite surprise du chef de la diplomatie turque à Tripoli

17 juin 2020 à 19h18 par AFP

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Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a effectué mercredi une visite surprise à Tripoli, où siège le gouvernement d'union (GNA), dont Ankara est le principal allié dans le conflit entre pouvoirs rivaux libyens.

Il s'agit de la plus importante délégation turque à s'être rendue sur place depuis le début de l'offensive, en avril 2019, des forces du maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'est libyen, pour tenter de prendre la capitale libyenne.

Cette tentative a récemment échoué, le GNA, à la faveur d'un soutien militaire turc accru, parvenant même à chasser les partisans du maréchal Haftar de tout le nord-ouest de la Libye.

Arrivé à la mi-journée, M. Cavusoglu était accompagné du ministre des Finances, Berat Albayrak, et du chef des Services de renseignement, Hakan Fidan.

Ces responsables turcs se sont entretenus avec le chef du gouvernement d'union Fayez al-Sarraj des "derniers développements de la crise" en Libye et des "efforts internationaux pour la régler", a écrit le GNA dans un communiqué.

Selon la même source, il a notamment été question du "suivi de la mise en oeuvre du mémorandum d'accord militaire et de sécurité" signé en novembre 2019 par Tripoli et Ankara.

C'est en vertu de cet accord controversé que la Turquie a renforcé son appui armé au GNA, faisant pencher la balance en faveur de ce gouvernement reconnu par l'ONU au détriment du camp du maréchal Haftar, soutenu par la Russie, l'Egypte et les Emirats arabes unis.

"L'objectif de ce déplacement était d'exprimer une nouvelle fois avec force notre soutien à la Libye.Nous avons discuté de la manière de renforcer notre coopération dans tous les domaines", a déclaré M. Cavusoglu au cours d'un point presse à son retour en Turquie.

"Nous avons également échangé sur la question d'un cessez-le-feu durable et d'un processus politique", a-t-il ajouté, évoquant une visite "extrêmement fructueuse".

Si la Libye est en proie au chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la bataille de Tripoli a vu une implication croissante de puissances étrangères.

Les dernières semaines ont ainsi été marquées par des tensions entre la Turquie et la France, accusée malgré ses dénégations d'avoir misé sur le maréchal Haftar jusqu'à ses récents revers militaires.

Paris a jugé "inacceptable" l'interventionnisme turc, Ankara rétorquant que la France était à ses yeux le principal "obstacle" à la paix en Libye.

A Tripoli, la visite du chef de la diplomatie turque a aussi été l'occasion d'évoquer "le retour des entreprises turques" en Libye, d'après le GNA.

Avant 2011, les entreprises turques du BTP avaient conquis de larges parts du marché libyen, mais les projets avaient été abandonnés avec le renversement de Kadhafi.

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