Libye: voitures piégées près des ambassades d'Egypte et des Emirats

Par La rédaction

Tripoli (AFP)

Deux voitures piégées ont explosé jeudi près des ambassades fermées d'Egypte et des Emirats arabes unis dans la capitale libyenne Tripoli, contrôlée par des milices, faisant au moins trois blessés, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Deux gardes de sécurité de l'ambassade égyptienne ont été légèrement blessés, a précisé l'agence officielle libyenne LANA, alors que les témoins sur place ont fait état d'un seul blessé.

La voiture piégée était garée dans un parking tout proche de la chancellerie dans le quartier de Dahra (nord).Les vitres de la chancellerie ont été brisées et des voitures garées à proximité endommagées de même que le portail dans l'explosion survenue tôt le matin.

Au Caire, les Affaires étrangères ont condamné  l'attaque "terroriste", précisant que les violences en Libye faisaient "planer le doute sur l'efficacité d'un dialogue avec des groupes obscurantistes terroristes qui refusent de rendre les armes et de renoncer à la violence".

Quelques minutes après l'attaque contre l'ambassade d'Egypte, une voiture piégée a explosé devant celle des Emirats dans le quartier résidentiel de Guerguarech (centre-ouest), a ajouté LANA. 

Selon les témoins, deux gardes de sécurité ont été blessés.Mais à Abou Dhabi un responsable émirati a indiqué, sous le couvert de l'anonymat, que trois employés non-émiratis de la sécurité de l'ambassade avaient été blessées dans l'explosion, qu'il a qualifiée de "considérable".

Là aussi, des voitures et des bâtiments proches ont été endommagés.

Le ministre émirati des Affaires étrangères, cheikh Abdallah Ben Zayed Al-Nahyane, a qualifié de "terroriste" cet attentat "à la voiture piégée" qu'il impute aux "groupes armés, dont Ansar al-Charia et Fajr Libya".

Cité par l'agence officiell Wam, il a apporté le soutien des Emirats "aux efforts déployés pour conforter la légitimité du Parlement et du gouvernement" reconnus par la communauté internationale.

L'ambassade d'Egypte est fermée depuis janvier et celle des Emirats depuis mai.

Depuis fin août, une coalition de milices principalement islamistes, Fajr Libya, contrôle Tripoli et une grande partie de l'ouest libyen.Le gouvernement et le Parlement reconnus par la communauté internationale ont fui la capitale et siègent dans des régions de l'est du pays. 

Fajr Libya avait accusé les Emirats et l'Egypte, deux pays hostiles aux islamistes, d'avoir lancé des raids aériens en août contre ses forces qui étaient alors engagées dans la bataille pour le contrôle de l'aéroport de Tripoli.

Les raids ont été confirmés par les Etats-Unis, et les pays occidentaux ont estimé qu'ils ajoutaient aux tensions en Libye.

L'Egypte a nié toute "implication directe" dans cette opération tandis que les Emirats ont maintenu le silence sur leur participation à ces raids.

Les deux attaques jeudi à Tripoli confirment "l'état d'anarchie" dans la capitale, a dit le responsable émirati."La situation se détériorera davantage si les milices extrémistes continuent de contrôler la capitale libyenne", a-t-il ajouté en soulignant "la nécessité d'une solution politique qui soutienne les institutions légitimes de la Libye, en particulier le Parlement".

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011 après une rébellion de huit mois, les puissantes milices armées formées d'ex-rebelles font la loi, sur fond d'une lutte au pouvoir.