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Lockerbie: l'identification de l'unique condamné n'avait "aucune valeur" (avocate)

25 novembre 2020 à 13h02 Par AFP
L'identification par un témoin de l'unique condamné pour l'attentat meurtrier de Lockerbie en 1988 lors de son procès n'avait "aucune valeur", a soutenu mercredi le camp de la famille d'Abdelbaset Ali Mohamed al-Megrahi, dont l'appel posthume est examiné par la justice écossaise. Un commerçant de Malte, Tony Gauci, avait identifié l'agent des services de renseignements libyens, aujourd'hui décédé, comme l'acheteur de vêtements retrouvés dans la valise contenant la bombe qui avait fait exploser le 21 décembre 1988, au-dessus du village écossais de Lockerbie, l'appareil de la Pan Am qui reliait Londres à New York. 270 personnes avaient perdu la vie dans cet attentat, le plus meurtrier jamais commis sur le territoire britannique. Ce témoignage avait été décisif dans la condamnation à vie de Megrahi, avec un minimum de 27 ans, en 2001 par un cour spéciale écossaise établie aux Pays-Bas, en terrain neutre. Les juges avaient toutefois reconnu à l'époque que cette identification n'était "pas sans équivoque". "Les circonstances dans lesquelles cette identification a été réalisée", alors que Megrahi se trouvait sur le banc des accusés, "étaient hautement préjudiciables", a déclaré Claire Mitchell, l'une des avocates de la famille du Libyen, devant la Haute Cour de justice d'Edimbourg qui examine jusqu'à vendredi l'appel posthume contre sa condamnation.Cette identification n'avait "virtuellement aucune valeur", a-t-elle poursuivi, car elle était intervenue après que le témoin eut vu une photographie de l'accusé dans un article de presse le présentant comme le possible auteur de l'attentat. En raison de la pandémie, les audiences se tiennent depuis mardi par vidéoconférence. Les juges rendront une décision ultérieurement. Avec cet appel, la famille espère prouver l'innocence de l'agent des services de renseignement libyens, qui a toujours nié toute implication. Il avait été libéré en 2009 pour raisons médicales et est mort en 2012 à l'âge de 60 ans dans son pays, où il avait été accueilli en héros.En mars, saisie par sa famille, la Commission écossaise de révision des condamnations pénales (SCCRC) avait décidé de saisir la Haute Cour de justice, n'excluant pas une "erreur judiciaire" en raison de la faiblesse des preuves produites pour retenir la culpabilité. En août, la Haute Cour avait accepté d'examiner sur le fond l'appel de la famille.