Madagascar sur la voie de la normalisation et d'élections cette année

Par La rédaction

ANTANANARIVO (AFP) - (AFP)

Après trois ans d'une crise socio-politique qui mine le pays, Madagascar a franchi une étape clé vers la réconciliation nationale et la possible tenue d'élections avant la fin 2012, avec l'adoption mardi soir en conseil des ministres d'un projet de loi d'amnistie.

La future loi éteindra les poursuites ou effacera les condamnations "si les infractions liées aux événements politiques se sont produites entre 2002 et 2009", a précisé le gouvernement de transition.

"L'amnistie ne signifie pas faiblesse et ne doit en aucun cas favoriser la culture de l'impunité.C'est pourquoi elle connaît des limites", ajoute le communiqué du gouvernement, dirigé par l'ex-maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina, à l'origine du renversement début 2009 de l'ancien président Marc Ravalomanana.

L'adoption de ce "Projet de loi portant amnistie pour la réconciliation nationale" était prévue dans l'accord conclu il y a plus de six mois sous les auspices de la communauté d'Afrique australe (SADC) entre la plupart des groupements politiques malgaches.

Le texte vise "l'instauration d'un environnement de confiance et d'apaisement", souligne le communiqué.

Il n'accordera cependant pas le pardon aux crimes contre l'humanité, crimes de guerre ou de génocide, ni aux violations graves des droits de l'homme.

L'amnistie doit contribuer à dénouer l'imbroglio autour de M. Ravalomanana qui veut rentrer mais a été condamné trois fois depuis son éviction en 2009, dont une fois à une peine de travaux forcés à perpétuité pour la mort d'une trentaine de manifestants devant le palais présidentiel.

Le Parlement de la Transition doit être convoqué en session extraordinaire d'ici à la mi-avril pour adopter ce texte.

Après des mois d'une course de lenteur dans l'application de la "feuille de route" et un brusque accès de tension fin janvier avec la tentative avortée de M. Ravalomanana de mettre fin à son exil en Afrique du Sud, l'adoption du texte témoigne d'une accélération du processus devant conduire à des élections.

La prochaine étape sera l'adoption de la loi sur le statut des anciens chefs d'Etat.Celle-ci pourrait exclure M. Ravalomanana de l'échiquier politique des élections, puisque la "feuille de route" prévoit de garantir la sécurité aux anciens chefs d'Etat s'abstenant de toute activité politique partisane.

Quant à M. Rajoelina, l'homme fort du pays traité comme un chef d'Etat par ses homologues, il laisse planer le doute sur sa volonté de se concourir pour la présidence.

La date du scrutin n'est pas encore fixée mais Béatrice Atallah, la présidente de la nouvelle commission électorale indépendante (Cenit), à peine élue vendredi, s'est déjà mise au travail.

Elle a appelé lundi l'ONU à envoyer rapidement des experts."Il faut qu'une élection ait lieu cette année", a-t-elle dit.D'après la loi, elle dispose d'environ deux mois pour déterminer le calendrier électoral en collaboration avec les experts internationaux.

Le code électoral révisé, promulgué la semaine dernière, rappelle que les consultations doivent se tenir durant la saison sèche, c'est-à-dire "entre le 30 avril et le 30 novembre, sauf en cas de force majeure".

Il stipule aussi que les listes électorales sont arrêtées le 15 avril pour toutes les opérations électorales de l'année.

Vendredi, M. Rajoelina, soupçonné par ses détracteurs d'atermoiements et de pratiquer la politique du fait accompli, a assuré que son régime transitoire prendrait fin cette année, lors d'une émission télévisée à grande écoute.

Il avait déjà donné de telles assurances l'an dernier.La donne a cependant totalement changé et la communauté internationale, les diplomates de la SADC et aussi de la France, l'ex-puissance coloniale qui surveille la crise malgache comme du lait sur le feu, sont optimistes et espèrent des élections d'ici la fin 2012.