Madagascar: un mort et des incidents au 1er tour de la présidentielle

Par La rédaction

Antananarivo (AFP)

Les autorités malgaches signalent vendredi plusieurs incidents, dont l'assassinat d'un représentant de l'Etat dans un bureau de vote, qui selon elles n'ont que peu perturbé le premier tour de l'élection présidentielle.

Pour la plupart des Malgaches, le scrutin est un premier pas pour sortir de la grave crise politique, économique et sociale dans laquelle leur pays, mis au ban des nations, est plongé depuis le renversement en mars 2009 du président Marc Ravalomanana par Andry Rajoelina, l'actuel président de la Transition malgache.

Dans le sud du pays, un chef de quartier (représentant de l'Etat au niveau local) a été tué par des inconnus à Benenitra, et un autre enlevé à Bezaha en plein bureau de vote.La région est réputée peu sûre, marquée par des affrontements à répétition entre les autorités et des voleurs de zébus.

"Au moment où nous parlons, l'élection a repris son cours normal", a assuré une source gouvernementale à la mi-journée.

Dans le nord du pays, un bureau de vote a été incendié, mais les habitants ont pu recommencer à voter dans un autre local.

Le scrutin était cependant qualifié de très calme par les observateurs interrogés par l'AFP.

"Nous n'avons pas eu de protestation, de plaintes de la part des délégués des partis politique.(...) Il n'y a pas de problème majeur dans ce processus électoral", a noté la chef de la mission des observateurs européens Maria Muniz de Urquiza, cinq heures après l'ouverture des bureaux.

Il n'y pas eu d'intimidation, a-t-elle ajouté, qualifiant l'élection de "très correcte".

"Comme tout début il y a quelques couacs parfois, mais ces couacs ne sont pas en mesure de remettre en question le processus.Espérons que ça va continuer", a commenté de son côté la représentante des Nations Unies à Madagascar, Fatma Samoura.

"Jusqu'à présent, tout va bien, on espère que ça va continuer", a confirmé l'ancien président comorien Azali Assoumani, observateur de la Commission de l'océan Indien, se félicitant d'"un contrôle très strict dans les bureaux de vote".

Après un début de journée électorale plutôt calme, des files d'attente s'allongeaient devant les différents bureaux de vote visités par l'AFP dans la capitale.

"Dans certains bureaux de vote en province, le taux de participation a déjà atteint les 50% en ce moment" a indiqué à la mi-journée à la radio nationale la présidente de la Commission électorale, Béatrice Atallah.

Parmi les "couacs", on constate ici et là que les listes électorales ne reflètent pas toujours les résultats du recensement des électeurs effectué l'an dernier.

"De 20 à 25% des gens recensés en 2012 ne sont pas sur la liste électorale", a expliqué Voahangy Rakotoarimanana, la secrétaire du bureau de vote d'Ampasandratsarahoby à Antananarivo."Ces gens ne pourront pas voter."

A la question de savoir ce qui s'est passé, elle soupire: "Je ne sais pas, c'est le travail de la Cenit", la Commission électorale.

En outre, les cartes d'environ 15% des inscrits du quartiers n'ont été distribuées."Ce sont des gens qu'on n'a pas pu trouver chez eux ou qui ont déménagé", explique Mme Rakotoarimanana.

Ont également été signalés des cas d'électeurs ayant des cartes électorales mais ne figurant pas sur les listes.

L'important est qu'ils ne puissent pas voter deux fois, pour Maria Muniz de Urquiza, qui rappelle qu'ils doivent tremper leur doigt dans de l'encre indélébile.

Quelque 7,8 millions d'électeurs malgaches sont appelés aux urnes pour départager 33 candidats.Les 20.001 bureaux de vote doivent fermer leurs portes à 17H00 (14H00 GMT), les premières tendances étant attendues dans la nuit.

Le président de la Transition Andry Rajoelina n'a officiellement pas de favori, mais son entourage a activement soutenu son ancien ministre des Finances Hery Rajaonarimampianina, qui a bénéficié de gros moyens et a pu largement s'exprimer dans les médias.

Refusant de dire pour qui il avait voté, M. Rajoelina a indiqué qu'il soutiendrait quelqu'un au second tour en décembre.

En face, le camp de Marc Ravalomanana, qui vit en exil en Afrique du Sud après avoir présidé Madagascar de 2002 à 2009, s'est rassemblé autour de Robinson Jean Louis, un médecin qui a été son ministre de la Santé.