Malawi: l'ex-présidente Joyce Banda rejette les accusations de corruption

Par AFP

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L'ancienne présidente du Malawi, Joyce Banda, qui est rentrée dans son pays ce week-end après quatre ans d'exil, a jugé lundi que les accusations de corruption dont elle fait l'objet étaient "politiquement motivées".

Première femme à la tête du Malawi, Joyce Banda avait quitté son pays en 2014 après sa défaite à la présidentielle et alors qu'elle était mise en cause dans un gigantesque scandale de corruption."Ce n'est pas un sujet dont je souhaite discuter pour l'instant, mais je veux juste que vous sachiez que ce sujet est politique", a-t-elle déclaré dans un entretien accordé à l'AFP lundi à son domicile à Zomba (sud)."Je ne le pense pas, je le sais. J'ai des preuves", a-t-elle assuré.Le scandale a éclaté en 2013, alors qu'elle était présidente. Un audit international a révélé que 30 millions de dollars avaient été siphonnés des caisses du pays au profit de dizaines de hauts fonctionnaires, hommes d'affaires et dirigeants politiques.La police a délivré en 2017 un mandat d'arrêt contre Joyce Banda, qui n'a toutefois pas été inquiétée depuis samedi.Son retour au pays intervient à un an des élections présidentielle et législatives prévues en 2019. Joyce Banda n'a pas précisé si elle comptait se présenter. "Est-ce que je laisse les jeunes prendre la relève ? Est-ce que je reste ? Cela doit être discuté au sein de mon parti", a-t-elle dit lundi."Cette décision ne m'appartient pas. Avant toute élection, chaque parti tient une convention et c'est au peuple de décider s'il souhaite que cette personne se représente ou pas", a-t-elle ajouté.Joyce Banda dirige le Parti populaire (PP), qui a été affaibli récemment par le départ de plusieurs de ses responsables.A son retour au Malawi samedi, elle a été accueillie par des centaines de ses partisans qui chantaient "Notre mère est là, la lumière doit revenir".Joyce Banda avait accédé à la fonction suprême en 2012 à la suite du décès du chef de l'Etat Bingu wa Mutharika, dont elle était la vice-présidente. Elle était alors devenue la deuxième femme chef d'Etat en Afrique.En 2014, elle avait toutefois perdu les élections et dû céder la place à Peter Mutharika, frère cadet de l'ex-président qui avait fait de la lutte contre la corruption sa priorité.