Malawi: la police menace d'utiliser la force contre les manifestants

Par La rédaction

BLANTYRE (Malawi) (AFP) - (AFP)

La police du Malawi utilisera "toute la force nécessaire" pour faire respecter l'interdiction de manifester contre le gouvernement, a mis en garde jeudi un porte-parole, en réponse à un appel de l'opposition à des rassemblements pour débattre de l'avenir du pays.

L'opposition au régime du président Bingu wa Mutharika avait appelé mercredi et jeudi à deux jours de réunions publiques pour proposer des réformes économiques et politiques pour sortir le pays de la crise.

Le pouvoir a répondu en interdisant toute manifestation.

"Nous avertissons que la police du Malawi utilisera toute la force nécessaire pour faire face à de telles manifestations illégales", a déclaré Davie Chingwalu, le porte-parole national de la police, interrogé jeudi matin par l'AFP.

Selon M. Chingwalu, la police "a reçu des informations" selon lesquelles le mouvement d'opposition à l'origine de l'appel, le "Comité pour les affaires publiques" (PAC), s'apprête à "inciter le public à participer à une manifestation".

"Nous demandons aux citoyens de ne pas se laisser tenter par de l'argent, et de ne pas participer à cette manifestation.Nous nous voulons pas que quiconque perturbe la paix et la sécurité par des manifestations illégales", a ajouté le porte-parole.

Le gouvernement accuse le PAC de chercher à renverser le président Mutharika, dont le deuxième mandat suscite de plus en plus de controverses.

Mercredi, le pouvoir avait fait déployer la police anti-émeute dans les rues des deux principales villes du pays, Blantyre et Lilongwe.Le PAC avait finalement défié l'interdiction en organisant son meeting dans une église, un lieu où la police n'a pas le pouvoir légal d'intervenir.

Les tensions politiques et sociales au Malawi, attisées par la pénurie de produits de première nécessité comme l'essence dans un pays rural déjà très pauvre, ont dégénéré et tourné à l'émeute en juillet 2011.Dix-neuf personnes ont été tuées par les tirs de la police.