Mali: changement quasi-général dans le commandement militaire du Nord

26 décembre 2010 à 11h33 par La rédaction

BAMAKO (AFP)

Le président malien Amadou Touamni Touré a procédé dimanche à un changement quasi-général dans le commandement militaire du Nord du Mali pour renforcer la présence de l'armée dans cette zone confrontée à Al-Qaïda, a appris l'AFP de sources concordantes.

"Presque tous les commandants militaires dans le Nord ont été remplacés", indique un document du ministère malien de la Défense dont une copie est parvenue à l'AFP.

"Il y a deux cas de sanctions dans les mutations.Pour le reste (des changements), il fallait du sang neuf pour appliquer la nouvelle politique de défense" visant à assurer une présence accrue de l'armée sur le terrain, a expliqué à l'AFP un responsable du ministère.

"Certains officiers étaient restés sur place depuis plus de cinq ans.C'était lassant pour eux", a-t-il précisé.

Les officiers sanctionnés et les raisons de cette mesure n'ont pas été précisées.

Un "nouveau découpage sécuritaire", en rapport avec la nouvelle politique de défense, prévoit la création de "beaucoup plus de postes de sécurité pour occuper les zones laissées sans troupes", selon la même source.

Le colonel Ba Moussa, un responsable des ex-rebelles touareg maliens qui avaient repris les armes en 2006, est nommé des chefs des unités spéciales.

Ces unités, prévues par les accords de paix signés en 2006 entre Bamako et les ex-rebelles touaregs, seront chargées sous le commandement de l'armée régulière de la sécurisation du Nord du Mali.

Le colonel Alaji Gamou, qui était à la tête d'un commandement spécial dans le Nord, est nommé chef d'Etat-major adjoint du président de la République.

L'actuel chef d'Etat-major, Hamidou Sissoko, un proche du chef de l'Etat malien, est promu au grade de général et conserve son poste.

"Ces changements dans le commandement au Nord du Mali apporteront sûrement du tonus dans la lutte contre les trafics illicites et les islamistes armés dans tout le Sahara", a déclaré à l'AFP un diplomate d'un pays voisin du Mali.

Des unités d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) sont très actives depuis plusieurs mois dans le Nord du Mali où elles ont multipliés les enlèvements et les exécutions.