Mali: défense et parties civiles demandent la fin du procès de l'ex-putschiste Sanogo

Par AFP

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La défense et les parties civiles au procès pour assassinats du général malien Amadou Sanogo, meneur d'un putsch en 2012 et brièvement chef de l'Etat, ont demandé jeudi la fin de cette procédure qui empoisonne le pouvoir.

Dans les limbes depuis des années, le procès s'est rouvert jeudi sous haute protection devant les assises de Bamako, mais sous un nouveau jour, avec la possibilité d'un arrangement qui y mettrait fin. Les parties civiles ont demandé au tribunal d'entériner un accord entre elles et l'Etat qui a décidé l'an dernier de les indemniser, a constaté un correspondant de l'AFP.Les assises se prononceront lundi dans cette affaire ramenant aux premiers mois de la grave crise sécuritaire que le putsch a accélérée et que continue à traverser le pays sahélien.Amadou Sanogo et les 16 coaccusés présents au tribunal jeudi, soldats et gendarmes, dont un ancien ministre de la Défense, ne sont pas jugés pour le coup d'Etat de 2012. Ils répondent de l'enlèvement et de l'assassinat de 21 membres d'une unité d'élite, les "Bérets rouges", retrouvés morts dans un charnier plus d'un an après le putsch qui avait renversé le président Amadou Toumani Touré.Un mois après le coup d'Etat conduit par Amadou Sanogo, les "Bérets rouges" avaient vainement tenté un contre-putsch brutalement réprimé par les nouveaux maîtres de Bamako et par les "Bérets verts" qui leur étaient acquis.Le procès d'Amadou Sanogo n'a cessé d'embarrasser le pouvoir malien, inquiet des dissensions qu'il pouvait susciter au sein d'une armée par ailleurs confrontée à la propagation jihadiste, et de la comparution d'un ministre de la Défense.Le procès s'est enlisé après son ouverture en 2016. En janvier 2020, la justice a ordonné la libération d'Amadou Sanogo et des autres militaires encore détenus depuis six ans, faisant redouter aux défenseurs des droits humains le classement de l'affaire pour des raisons politiques.Depuis, le Mali a été le théâtre d'un nouveau putsch en août 2020. Les militaires qui l'ont conduit dominent les actuelles autorités de transition. Un certain nombre sont des "Bérets verts". Le numéro deux des putschistes de 2020, le colonel Malick Diaw, figurait sur la photo de groupe des putschistes de 2012.