Mali: des groupes armés touareg, arabe et noirs s'engagent pour le dialogue

18 septembre 2013 à 12h56 par La rédaction

Bamako (AFP)

Des représentants de groupes armés touareg, arabe et noirs du nord du Mali se sont engagés, selon un mémorandum d'accord, à cesser d'"utiliser la violence comme mode d'expression", après 18 mois de crise politico-militaire déclenchée par une offensive touareg.

Une réunion a rassemblé de dimanche à mardi, à Bamako, des délégués de ces groupes armés qui ont signé ce mémorandum que l'AFP a pu consulter.

Etaient représentés le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), le Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA), le Mouvement arabe de l'Azawad (MAA) et la Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance (CMFPR), regroupant deux groupes d'auto-défense, a appris l'AFP mercredi auprès de certains participants.

Le MNLA et le HCUA comprennent essentiellement des Touareg, et le MAA essentiellement des Arabes, tandis que la CMFPR regroupe des milices Ganda Koy et Ganda Izo, comprenant essentiellement des communautés noires.

Tous se sont engagés à privilégier le dialogue pour trouver une solution à leurs problèmes et ont signé un mémorandum dans ce sens, a indiqué Hamada Ag Bibi, du HCUA.

A l'issue de leurs travaux mardi, "nous avons tous été reçus par le président de la République (Ibrahim Boubacar Keïta).Nous lui avons remis ce mémorandum pour montrer que nous voulons effectivement la paix dans notre pays, le Mali.(...) Nous préférons le dialogue à la guerre pour trouver une solution à nos problèmes", a déclaré M. Ag Bibi.

"Nous, signataires de ce mémorandum, souhaitons trouver par le dialogue une solution à nos problèmes.(...) Nous nous engageons à ne pas utiliser la violence comme mode d'expression", est-il écrit dans ce document que l'AFP a pu partiellement consulter.

Harouna Touré, de la CMFPR, a cependant précisé qu'il ne s'agissait pas d'un accord définitif."Ce n'est pas encore un accord signé pour régler tous les problèmes, mais c'est un pas, un bon pas", a-t-il dit.

Le ministre malien de la Réconciliation nationale et du Développement des régions du Nord, Cheick Oumar Diarrah, a salué la rencontre entre les groupes armés, estimant que leur engagement était un pas important pour le Mali, d'après plusieurs médias, selon lesquels il n'a cependant pas participé aux travaux.

Durant la crise qui a secoué le Mali entre 2012 et début 2013, ces groupes ont eu des relations heurtées, et s'étaient dans le passé combattus sur le terrain.