Mali: deux nouvelles arrestations d'hommes politiques à Bamako

Par La rédaction

BAMAKO (AFP) - (AFP)

Deux responsables politiques maliens ont été interpellés dans la nuit de mardi à mercredi à Bamako par des hommes armés, après une première vague d'arrestations d'hommes politiques et de militaires à Bamako, a appris l'AFP auprès de leurs familles et leurs partis.

Kassoum Tapo, membre de l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma), l'un des principaux partis politiques maliens, a été arrêté à son domicile, a affirmé un membre de sa famille.

"D'abord, des hommes armés sont venus à la maison.Il n'était pas là.Ils sont partis avec deux de nos voitures, puis ils ont été l'arrêter dans un lieu public.Il est actuellement au camp militaire de Kati", près de Bamako et qui est le quartier général de l'ex-junte militaire, a-t-il dit.

L'arrestation de M. Tapo a été confirmée de source indépendante.

Un autre leader politique, Tiéman Coulibaly, de l'Union pour la démocratie et le développement (UDD), a également arrêté."Le Président de notre parti a été arrêté par des hommes armés mardi" soir, a déclaré Adama Coulibaly, membre de l'UDD.

Ces nouvelles arrestations surviennent après celles opérées lundi et mardi de plusieurs dirigeants politiques et militaires proches de l'ancien président malien Amadou Toumani Touré (ATT) renversé le 22 mars.

Parmi eux figurent Modibo Sidibé, ex-Premier ministre d'ATT, et Soumaïla Cissé, ancien ministre et ex-dirigeant de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa).

Dans un communiqué publié tard mardi soir, le colonel Moussa Sinko Coulibaly, chef de cabinet du patron des putschistes, a affirmé que des "personnalités militaires et civiles" ont été "appréhendées" par les forces de sécurité maliennes "sur la foi d'indications précises et d'informations graves et concordantes" et "sur instructions de la hiérarchie".

"Des enquêtes de police judiciaire en cours, ouvertes à l'encontre desdites personnalités, seront très bientôt confiées aux organes compétents, en vue d'initier des poursuites judiciaires" si nécessaire, a-t-il ajouté, sans fournir leurs identités, leur nombre et sans préciser ce qui leur est reproché.

Il a toutefois assuré que l'ex-junte demeurait attachée "au respect des libertés individuelles et des droits des citoyens conformément aux engagements pris".