Mali: marche de centaines de personnes contre un référendum constitutionnel

30 novembre 2011 à 14h15 par La rédaction

BAMAKO (AFP) - (AFP)

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté dans le calme mercredi à Bamako pour réclamer l'abandon d'une réforme constitutionnelle qui doit être soumise à référendum en avril, a constaté un journaliste de l'AFP.

La manifestation a été organisée dans le centre de la capitale par la coalition "Touche pas à ma Constitution" qui réunit des partis politiques, des syndicats et des ONG.

"Le référendum est un piège", ont scandé les manifestants.Ils ont brandi des banderoles sur lesquelles on pouvait lire: "La réforme est un coup d'Etat contre la démocratie", ou encore, "Non à la confiscation de la souveraineté nationale par une fraction du peuple".

"Le texte qui sera soumis à référendum est une régression par rapport à l'ancien texte", a déclaré le magistrat Hamèye Founé Mahalmadane, figure du mouvement "touche pas à ma constitution".

Interrogé sur l'appel de la quasi-totalité des partis représentés à l'Assemblée nationale à voter "oui" au référendum, il a affirmé: "La classe politique malienne a démissionné.Il est de notre rôle de dire non.Nous allons organiser d'autres marches".

Le référendum constitutionnel est prévu en même temps que le premier tour de l'élection présidentielle le 29 avril 2012.

Le texte prévoit notamment la création du Sénat qui remplacerait le Haut conseil des collectivités territoriales.Le parlement malien est actuellement monocaméral.

Autre modification contenue dans le projet, les pouvoirs accrus du président de la République "qui définit la politique de la Nation" et non plus le Premier ministre comme le stipule l'actuelle Constitution, datant de 1992.

Des policiers se sont joints à la manifestation pour dire "Non à l'assurance Mali obligatoire (AMO)", un système d'assurance-maladie mis en place depuis quelques mois par le gouvernement et qui, selon eux, les prive d'une partie de leurs revenus.

"Si quelqu'un ne veut pas de l'assurance de l'Etat, on ne doit pas l'obliger" à l'avoir, a affirmé une policière.