Mali: "Nous avons relevé un challenge fou" dit le président de transition

Par La rédaction

Bamako (AFP)

Le président malien de transition Dioncounda Traoré, dont le mandat s'achève mercredi avec l'investiture du président élu Ibrahim Boubacar Keïta, a estimé lundi qu'il avait, avec son équipe, "relevé un challenge fou" au Mali, qui a connu une crise complexe de 18 mois.

M. Traoré, qui s'exprimait pendant un conseil extraordinaire des ministres à la présidence - le dernier de son équipe -, a indiqué que les autorités désignées pour la transition avaient reçu une double mission: "le rétablissement de l'intégrité territoriale du pays" et "l'organisation d'élections générales transparentes et crédibles.'

"Pendant de longs mois, cette double mission aura été notre souci permanent, son accomplissement notre raison d'exister.(...) A quelques 48 heures de la fin de notre mission et sans aucune forme d'auto-satisfecit, nous pouvons affirmer fièrement: +Mesdames et messieurs, nous avons gagné le pari+", a-t-il déclaré.

"Oui, nous l'avons fait!Oui, nous avons relevé un challenge fou!Oui, nous avons accompli une mission quasi impossible!", s'est-il exclamé, en rendant hommage au gouvernement de transition.

Dioncounda Traoré a été investi président par intérim en avril 2012, moins d'un mois après un coup d'Etat mené par des militaires qui, le 22 mars, ont renversé le régime du président Amadou Toumani Touré, alors que le Mali faisait face depuis début 2012 à une offensive de rebelles touareg dans ses régions du Nord.

Le putsch a précipité la chute du Nord aux mains de groupes jihadistes et criminels, qui ont laminé la rébellion touareg et l'armée malienne, commis d'innombrables exactions, avant d'être en grande partie chassés à partir de janvier 2013 par une intervention militaire franco-africaine, toujours en cours.

Et en dépit de craintes sécuritaires, le Mali a organisé une élection présidentielle sans incidents majeurs, remportée au second tour en août par Ibrahim Boubacar Keïta, qui doit prêter serment mercredi.

Dioncounda Traoré a exprimé sa reconnaissance envers la communauté internationale, qui a aidé le pays à sortir de la crise: "Il faut saluer ici (sa) solidarité et (son) soutien qui ne nous ont jamais fait défaut" même si "le Mali n'a pas arrêté de lui envoyer des signaux contradictoires, ambigus et inintelligibles", a-t-il dit.