Mali: Paris réaffirme sa "détermination" contre le "terrorisme" après des accusations de bavure

Par AFP

AFRICA RADIO

La ministre française des Armées, Florence Parly, a souligné jeudi à Bamako la "détermination" de la France et de ses partenaires "à continuer le combat contre le terrorisme", et a rejeté à nouveau des accusations de bavure lors d'une frappe controversée en janvier dans le centre du Mali.

Florence Parly et ses homologues estonien Kalle Laanet et tchèque Lubomir Metnar se sont entretenus avec le président de la transition, Bah Ndaw, deux jours après la publication d'un rapport des Nations unies faisant état de la mort de 19 civils lors d'une frappe de la force française Barkhane, ce que Paris a déjà réfuté avec vigueur."Nous avons partagé notre détermination à continuer notre combat contre le terrorisme", a dit Mme Parly face à la presse à l'issue de l'entretien.Les trois ministres ont déclaré la "pleine capacité opérationnelle" de la task force Takuba, un regroupement inédit de forces spéciales composé de soldats français, tchèques, estoniens, suédois et italiens.Paris compte beaucoup sur ce "laboratoire d'intégration au combat des partenaires européens", selon Mme Parly, pour partager avec ses partenaires le fardeau de la lutte contre les jihadistes liés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique.Mardi, une enquête de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) a conclu qu'une frappe aérienne conduite par Barkhane le 3 janvier avait tué 19 civils au cours d'un mariage. Le rapport constitue la plus grave mise en cause d'une opération française par les Nations unies depuis le début de l'engagement de Paris au Sahel.La ministre des Armées a une nouvelle fois réfuté ces conclusions, en maintenant que "les forces armées françaises (avaient) effectué une frappe aérienne ciblant un groupe armé terroriste identifié comme tel"."Il y a aussi une guerre dans le domaine informationnel et notre ennemi (...) exploite toutes les polémiques possibles", a-t-elle affirmé, en ajoutant: "je ne peux pas admettre que l'honneur de nos soldats puisse ainsi être sali".Sept organisations de défense des droits humains, en France et au Mali, ont exhorté jeudi la France et le Mali à mener une enquête indépendante et transparente."Il me semble que l'enquête qui a été menée par les Nations unies est indépendante", a répondu Mme Parly, en disant espérer que le point de vue de Paris sera pris en compte. "Nous transmettrons l'ensemble de nos observations et remarques au département concerné des Nations unies", a-t-elle ajouté.