Mali: un général juge impossible que les forces antiterroristes aient réprimé la contestation

24 juillet 2020 à 11h59 par AFP

AFRICA RADIO

L'ex-ministre malien de la Sécurité, le général Salif Traoré, a jugé impossible que les forces anti-terroristes (Forsat) aient été utilisées pour réprimer la contestation contre le pouvoir au Mali qui a fait plusieurs morts mi-juillet à Bamako.

"Les Forsat n'interviendraient pas ici (à Bamako), sauf s'il y a une menace terroriste", a déclré le général Traoré dans un entretien à l'AFP et au journal français Le Point."Je n'étais pas en fonction, mais je n'ai pas entendu qu'il y avait une menace terroriste. Ce n'est pas possible" qu'ils aient fait du maintien de l'ordre, a-t-il ajouté.A l'origine de la création des Forsat en 2016, Salif Traoré était le ministre chargé de la Sécurité intérieure du président Ibrahim Boubacar Keïta jusqu'à la démission collective du gouvernement le 11 juin, après des élections législatives.Il n'était donc plus à la tête du ministère lorsque la contestation contre le président Keïta, qui a débuté en juin, a pris une tournure quasi insurrectionnelle à Bamako lors du weekend des 10, 11 et 12 juillet. Des heurts entre manifestants et forces de l'ordre ont fait ces jours-là 11 morts parmi les manifestants selon le gouvernement, au moins 14 selon l'ONU et plus encore selon l'opposition.Les forces antiterroristes ont été accusées par le mouvement d'opposition M5-RFP, à l'origine de la contestation, d'être responsables de la mort de ses militants. Aucune preuve n'est venue étayer ces accusations."Les Forsat ont été créées pour lutter contre le terrorisme et elles ne sortent pas de ce cadre-là. A chaque fois qu'on l'a employé à Bamako, c'était contre des nids criminogènes", a affirmé le général."Vous connaissez leur accoutrement et leur logo (particuliers et reconnaissables, ndlr). Ils auraient été là, on aurait vu des images", a-t-il estimé.Le 17 juillet, l'ONU s'est dite "particulièrement préoccupée" par ces événements, notant qu'il avait été "rapporté que les Forsat avaient fait usage d'armes létales pendant des heurts avec les manifestants".Ces forces, composées de 90 policiers, 90 gendarmes et 90 gardes nationaux selon M. Traoré, sont régulièrement formées par les partenaires internationaux du Mali, notamment la mission de formation de l'Union européenne, l'EUTM Mali, ou le RAID, l'unité d'élite de la police française.