Mallettes de la "Françafrique": Bourgi accuse aussi Le Pen, les avocats enquêtent

Par La rédaction

PARIS (AFP) - (AFP)

L'Ordre des avocats de Paris a annoncé lundi l'ouverture d'une enquête déontologique sur Robert Bourgi, après ses déclarations sur le versement présumé à Jacques Chirac et Dominique de Villepin de fonds occultes de chefs d'Etat africains.

Lundi après-midi, l'avocat a également visé Jean-Marie Le Pen.

"Le bâtonnier de l'Ordre des avocats à la cour d'appel de Paris a pris connaissance des déclarations en forme d'affirmations effectuées" par M. Bourgi, avocat, "dans la presse", indique le barreau de Paris dans un communiqué.

"Afin d'être exactement informé sur la réalité des missions (qu'il) déclare avoir accomplies, il a ordonné une mesure d'enquête déontologique", ajoute le texte.

"Le bâtonnier rappelle que les principes qui gouvernent la profession d'avocat ne permettent en aucun cas de procéder aux actions telles que relatées dans la presse", conclut-il.

L'avocat franco-libanais Robert Bourgi, 66 ans, présenté ce week-end par le JDD comme un "porteur de valises", a affirmé avoir remis de 1997 à 2005 à MM.Chirac et Villepin des sommes qu'il a évaluées lundi à quelque "20 millions de dollars" provenant de dirigeants africains.

Il a ensuite affirmé lundi à BFMTV que Jean-Marie Le Pen avait financé une partie de sa campagne présidentielle de 1988 avec de l'argent que lui avait remis l'ancien président gabonais Omar Bongo.

"Je le dis aujourd'hui, je n'aime pas faire parler les morts, M. Jean-Marie Le Pen a été reçu par le président Bongo et le président Bongo a financé la campagne électorale de M. Jean-Marie Le Pen en 1988", a affirmé M. Bourgi lors d'un entretien accordé à BFMTV.