Marchés: la Somalie, dans le chaos depuis 20 ans, veut se doter d'une Bourse

9 août 2012 à 15h31 par La rédaction


NAIROBI (AFP) - (AFP)

La Somalie, privée d'Etat central depuis 1991 et qui tente de se reconstruire après plus de 20 ans de guerre civile, se prépare à mettre sur pied une Bourse pour lever des fonds pour ses jeunes entreprises, a annoncé jeudi à l'AFP l'un de ses initiateurs à Nairobi.

"Cela va ramener la confiance au sein du peuple somalien et montrer à la communauté internationale des affaires que la Somalie est prête à faire des affaires", a expliqué Idd Mohamed, diplomate somalien et vice-représentant de la Somalie aux Nations unies.

"Nous avons fait l'essentiel du travail administratif et nous espérons être opérationnels d'ici cinq à sept mois", a-t-il ajouté.

La Bourse devrait être au départ installée dans la capitale kenyane, la sécurité restant très relative en Somalie, où les insurgés islamistes shebab - l'un des principaux groupes armés à se partager le pays - bien que chassés de Mogadiscio et de plusieurs de leurs bastions, continuent de contrôler une partie du centre et du sud du pays.

Idd Mohamed et Peter Mwangi, qui dirige la Bourse de Nairobi, ont signé mercredi un accord pour permettre l'établissement d'une Bourse somalienne au Kenya, qui prévoit notamment que la Bourse de Nairobi fournira "le développement technique" du futur établissement.

Selon la Banque mondiale, la Somalie a enregistré récemment des investissements privés importants dans des entreprises commerciales, des fonds venant pour une large part de l'importante diaspora somalienne.

Idd Mohamed a rappelé que la Somalie recevait chaque année plus de deux milliards de dollars de sa diaspora, et estimé qu'avec "une institution financière bien conçue, l'argent sera d'une grande aide pour améliorer l'économie du pays".

Selon lui, l'établissement jettera un pont entre les Somaliens et le reste du monde."Il sera ouvert aux investisseurs d'où qu'ils viennent, locaux ou internationaux", a-t-il assuré.

Les fragiles institutions somaliennes de transition, mises en place il y a huit ans et accusées de corruption à grande échelle, doivent être remplacées d'ici à la fin août, par des institutions pérennes, dans le cadre d'un processus parrainé par l'ONU.