Maroc: la police disperse des manifestations à Rabat et Casablanca

23 mai 2011 à 4h36 par La rédaction

RABAT (AFP)

La police marocaine a dispersé dimanche plusieurs centaines de jeunes du Mouvement du 20 février qui demandent d'importantes réformes politiques au Maroc, moins d'un mois avant la remise au roi Mohammed VI de propositions pour une prochaine réforme constitutionnelle.

A Casablanca et Rabat, mais aussi dans d'autres villes comme Tanger (nord) et Agadir (sud), plusieurs jeunes manifestants parmi lesquels des islamistes ont été dispersés par la police qui a fait usage de matraques.Selon des témoins, il n'y a pas eu de blessés.

"Nous étions plus d'un millier de jeunes au quartier populaire de Sbata (ndlr, à Casablanca).Subitement, les forces de l'ordre ont surgi et nous ont dispersés par la force", a déclaré à l'AFP Ahmed Mediany, l'un des membres de la section de Casablanca du Mouvement.

"Une course poursuite a ensuite commencé dans les rues du quartier entre la police et plusieurs jeunes manifestants", a-t-il ajouté.

Le Mouvement du 20 février a appelé dimanche pour la 4ème fois à des manifestations pacifiques dans plusieurs villes du Maroc, pour demander des réformes politiques, notamment une limitation des pouvoirs du roi Mohammed VI.

A Rabat, plusieurs dizaines de jeunes du même mouvement se sont rassemblés au quartier populaire Lâakkari, avant d'être dispersés par la police marocaine.

"Nous nous sommes dispersés en trois groupes.La police nous a poursuivis dans les ruelles de la médina de Rabat.Au moins trois personnes ont été matraquées par la police", selon Najib Chawki, l'un des membres de la section de Rabat du Mouvement du 20 février.

A Tanger et Agadir, des dizaines de jeunes qui revendiquent des réformes politiques ont été également dispersés par la force.

Selon des témoins, "il n'y a pas eu de blessés" mais les forces de l'ordre empêchaient tout rassemblement d'avoir lieu et poursuivaient les jeunes dans les ruelles pour les disperser".

Ces manifestations interviennent à moins d'un mois de la date à laquelle une commission remettra au roi les propositions d'une prochaine réforme constitutionnelle, dont le contenu sera soumis à l'approbation populaire par référendum.

Selon un membre de la commission consultative pour la réforme constitutionnelle, nommée par Mohammed VI en mars et présidée par le juriste Abdeltif Menouni, un document contenant des propositions pour une révision de l'actuelle Constitution est quasiment fini.Il sera soumis au roi début juin.

"En juillet, il y aura un référendum pour adopter la future Constitution et des élections anticipées auront lieu en octobre", a indiqué ce membre qui a requis l'anonymat.

Le roi Mohammed VI a annoncé le 9 mars, dans un discours à la nation d'importantes réformes constitutionnelles prévoyant notamment le principe de séparation des pouvoirs et un renforcement des pouvoirs du Premier ministre.