Maroc: les journalistes des chaînes publiques réclament des changements

25 mars 2011 à 13h41 par La rédaction

RABAT (AFP)

Des centaines de journalistes se sont rassemblés vendredi à Rabat et Casablanca, au Maroc, devant les deux chaînes publiques pour revendiquer une télévision indépendante et l'amélioration de leur condition de travail, dans un pays où les médias de l'Etat sont très contrôlés par les autorités.

"Nous voulons plus de diversité", "Cessez la marginalisation des compétences", "Le peuple veut une chaîne nationale", scandaient les journalistes devant les sièges des deux télévisions publiques, 2M à Casablanca et la Radio télévision marocaine (RTM) à Rabat.

"Il y a un cumul de plusieurs années de médiocrité à cause notamment du manque de professionnalisme", a déclaré à l'AFP Abdessamad Bencherif, journaliste à la deuxième chaîne publique à Casablanca.

"Les programmes de notre chaîne ne reflètent pas la diversité politique, soiologique et culturelle du Maroc.Il n'y a aucun mécanisme de sanction et de contrôle de la direction", a-t-il ajouté.

Ces rassemblements interviennent après le discours du roi Mohammed VI du 9 mars, annonçant d'importantes réformes constitutionnelles, et quelques jours après les manifestations du 20 mars dans plusieurs villes du pays pour réclamer des changements politiques profonds.

Mardi, une centaine de personnes, pour la plupart des journalistes de l'agence marocaine MAP, se sont également rassemblées à Rabat pour revendiquer "l'indépendance éditoriale" et l'amélioration de leurs conditions de travail, une première depuis la création de cette agence.

Fondée en 1959, l'agence marocaine MAP (Maghreb Arabe Press) est souvent critiquée pour sa proximité vis-vis du pouvoir officiel, aussi bien par la presse marocaine que par des ONG.

Selon le secrétaire général du Syndicat de la presse marocaine (SNPM), Younès Moujahid, "le contribuable finance ces médias publics mais ces derniers sont au service du pouvoir officiel".

Des milliers de Marocains ont manifesté dimanche, dans plusieurs villes, pour réclamer davantage de démocratie et moins de corruption, quelques jours après l'annonce par Mohammed VI de profondes réformes politiques.