Maroc: reprise du procès de neuf suspects de l'attentat sanglant de Marrakech

Par La rédaction

RABAT (AFP) - (AFP)

Reporté déjà à deux reprises, le procès de neuf suspects de l'attentat de Marrakech (sud) qui avait causé le 28 avril la mort de 17 personnes, reprend jeudi à Rabat en présence des proches des huit Français qui ont péri dans le plus sanglant attentat au Maroc depuis 2003.

La reprise du procès, dont les deux premières séances s'étaient déroulées le 30 juin et le 22 septembre derniers, est prévue vers 10H00 GMT (et locale) sous un important dispositif de sécurité au tribunal antiterroriste de Salé (ville jumelle de Rabat), selon une source sécuritaire interrogée par l'AFP.

La cour avait accepté les deux reports pour permettre à la défense de préparer ses plaidoiries.

Le Marocain Adil El-Atmani est l'auteur principal présumé de l'attentat.

Selon des témoignages, ce dernier, qui portait une perruque et des lunettes de soleil, s'était servi d'un gros sac à dos chargé d'explosifs qu'il a actionnés quelques minutes après avoir quitté le café Argan, au coeur de la célèbre place Jamâa El Fna à Marrakech, haut lieu du tourisme.

L'attentat a depuis porté un préjudice énorme au tourisme national et étranger à Marrakech.

Selon l'acte d'accusation, les prévenus sont accusés "de porter gravement atteinte à l'ordre public, assassinat avec préméditation (..) et appartenance à un groupe religieux interdit".

S'il est reconnu coupable, Al-Atmani risque la peine de mort.

Au lendemain de l'attentat, le ministère de l'Intérieur avait indiqué que le principal prévenu "est fortement imprégné de l'idéologie jihadiste" et "exprime ouvertement son allégeance pour Al-Qaïda".

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a nié pour sa part toute implication dans l'attentat.

La communauté internationale avait condamné fermement cet attentat qui avait causé la mort de huit Français, dont les familles se sont portées partie civile.

"Quand vous voyez que El-Atmani a quitté le Maroc à trois reprises avec un passeport, pour aller en Afghanistan, en Libye, et qu'à trois reprises il a été refoulé vers son pays!(...) La police marocaine n'a ensuite effectué aucune surveillance d'El Atmani", a déploré Jacques Sombret, le père de l'une des victimes françaises, dans une déclaration à l'AFP depuis Marseille (sud de la France).