Massacres en RDC: deux villes de l'Est paralysées par une grève générale

Par AFP

AFRICA RADIO

Deux villes de l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) ont été paralysées lundi par une grève générale pour protester contre les massacres par les rebelles présumés des ADF dans cette région frontalière de l'Ouganda, a-t-on appris de sources concordantes.

Les organisations "Veranda Mutshanga", "Lutte pour le changement" (Lucha) et d'autres groupes de pression ont lancé samedi un appel à l'arrêt des activités pendant dix jours dans le territoire de Beni et la ville de Butembo pour mettre "la mission de l'ONU en RDC (Monusco) et les Forces armées de la RDC (FARDC) face à leur responsabilité à cause des massacres", a déclaré Clovis Mutsuva, de Lucha."Il y a eu manifestation des jeunes de Lucha devant le bureau de la Monusco (...). Les opérateurs économiques n'ont pas pu travailler. Les écoles sont restées fermées, paralysant la ville", a décrit à l'AFP Sylvain Kanyamanda, maire de Butembo, important carrefour commercial de plus d'un million d'habitants de la province du Nord-Kivu (est)."Le mot d'ordre de grève a été respecté parce que c'est nous chauffeurs que les assaillants tuent en premier en cas d'embuscade", a expliqué à l'AFP Kahindo Mbusa, président de la section Butembo de l'Association des chauffeurs du Congo (ACCO).Les protestataires ont installé des barricades "partout sur la route Beni-Butembo, et les stations services n'ont pas fonctionné", a ajouté M. Mbusa.Importante voie d'entrée et de sortie des marchandises ainsi que des produits agricoles, la route de Kasindi qui mène à la frontière ougandaise, est restée quasiment déserte lundi, selon des témoins interrogés par l'AFP.A Beni-ville, les magasins, les boutiques, les écoles sont restés fermés, a constaté un correspondant de l'AFP dans la ville.Vendredi, près de trois cents jeunes ont bravé le danger en parcourant 45 km dans la brousse à la recherche des assaillants présumés combattants du groupe armé d'origine ougandaise Forces démocratiques alliées (ADF).Les membres présumés de ce groupe sont accusés d'avoir tués plus 1.840 civils depuis avril 2017, d'après les experts du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST en anglais).Ils sont considérés actuellement comme les plus violents parmi la centaine des groupes armés actifs dans l'Est de la RDC. Leurs attaques touchent depuis quelques mois les territoires voisins d'Irumu et Mambasa, dans la province de l'Ituri.