Mauritanie: appel à mettre en place une Haute Cour de justice

13 juillet 2020 à 16h28 par AFP

AFRICA RADIO

Un député et opposant mauritanien a "exigé" lundi "la mise en place rapide" d'une Haute Cour de justice pour les anciens dirigeants, après que l'ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz a ignoré la convocation d'une commission parlementaire.

La Haute Cour "est un organe prévu par la constitution", a déclaré Biram Ould Dah Ould Abeid, également défenseur des droits de l'homme, lors d'une conférence de presse à Nouakchott. Il a déploré "les atermoiements" des députés à la mettre en place.Une loi relative à cette juridiction, pour les ex-présidents et les anciens ministres, devait être discutée jeudi par les députés avant que son examen ne soit remis. Des opposants ont accusé le gouvernement d'avoir causé ce renvoi. Ce report "est dû à des raisons purement techniques", a affirmé samedi à la presse le président de la commission en charge du texte, Jiddou Nagi Menaba.Le texte "sera prêt avant fin juillet mais la composition de la (Haute) Cour doit attendre la session d'octobre prochain", a précisé à l'AFP une source proche du dossier."Le processus en cours ne vise aucunement l'ancien président" Aziz (2008-2019), a précisé la même source.M. Aziz a ignoré jeudi la convocation d'une commission parlementaire pour s'expliquer sur des dossiers pendant son pouvoir. Parmi ces dossiers, figurent la gestion des revenus pétroliers, la vente de domaines de l'État à Nouakchott, la liquidation d'une société publique qui assurait l'approvisionnement du pays en denrées alimentaires, ou encore les activités d'une société chinoise de pêche, Pully Hong Dong."Cette commission d'enquête (parlementaire) n'a aucune utilité pour le pays. Elle ne rendra pas au peuple son argent spolié", a estimé M. Ould Abeid."Elle entre tout simplement dans le cadre des tiraillements entre l'ancien et l'actuel président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani", a-t-il ajouté.L'ex-président, un ancien général, est arrivé à la tête de la Mauritanie par un putsch en 2008, avant d'être élu et réélu en 2009 et 2014. M. Ghazouani, qui lui a succédé en août 2019, était son ancien chef d'état-major et ministre de la Défense, également désigné comme dauphin par M. Aziz.