Mauritanie: l'opposition "choquée" par le chef de la diplomatie française

8 juillet 2010 à 14h51 par La rédaction

NOUAKCHOTT (AFP)

L'opposition mauritanienne a affirmé jeudi avoir été "choquée" par de récents propos du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui s'était dit "fier" de l'action de la France en Mauritanie après le coup d'Etat de 2008 dans ce pays.

Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, avait déclaré le 6 juillet devant l'Assemblée nationale: "Nous sommes fiers de ce que nous avons fait après les coups d'Etat en Mauritanie, au Niger ou à Madagascar".

"Ces propos tenus par le ministre français des Affaires étrangères devant le parlement de son pays nous ont particulièrement surpris - et choqués - (...) par la confirmation qu'ils apportent, si officiellement, de l'ingérence de la France dans les affaires intérieures de notre pays", a affirmé la Coordination de l'opposition démocratique (COD), dans un communiqué.

La COD dit s'interroger sur "les motifs de fierté que trouve la France officielle à investir tout son crédit diplomatique et ses relations de grande nation pour légitimer chez nous, par un scrutin sur lequel planent de sérieux soupçons d'irrégularités, un général qui venait de renverser par la force des armes un régime démocratiquement élu".

Paris avait d'abord condamné, en août 2008, le coup d'Etat mené par le général Mohamed Ould Abdel Aziz pour renverser le président civil Sidi Ould Cheikh Abdallahi, élu 15 mois plus tôt.Puis la diplomatie française avait rapidement repris langue avec le chef de la junte, en l'incitant à organiser une élection présidentielle qu'il avait remportée en juillet 2009 dès le premier tour.

Dénonçant des fraudes, l'opposition avait réclamé en vain une enquête indépendante sur cette élection dont les résultats avaient été reconnus par la communauté internationale.

M. Kouchner avait fait ces déclarations sur l'Afrique, en réponse à des accusations virulentes ces derniers jours de l'écrivain Jean-Christophe Rufin, ambassadeur au Sénégal pendant trois ans.