Mauritanie: les avocats de l'ex-président Aziz crient à "l'acharnement politique"

23 juin 2021 à 17h06 par AFP

AFRICA RADIO

Les avocats de l'ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz ont dénoncé mercredi "un acharnement politique" contre leur client, placé mardi soir sous mandat de dépôt dans l'enquête pour corruption dans laquelle il est inculpé depuis mars.

"Nous constatons que notre client fait l'objet d'un acharnement politique, son dossier est purement politique", a déclaré devant les journalistes Me Mohameden Ould Icheddou.M. Aziz, au pouvoir de 2008 à 2019, a été écroué sur décision du juge chargé de l'enquête qui le vise, ainsi qu'une dizaine de hautes personnalités, pour des faits présumés de corruption, blanchiment d'argent ou encore enrichissement illicite commis pendant les années où il dirigeait le pays.Le juge justifie sa décision par la gravité des faits dont est soupçonné M. Aziz et par son refus de continuer à se présenter trois fois par semaine au commissariat, a indiqué sous le couvert de l'anonymat un magistrat ayant eu connaissance de l'ordonnance."C'est un argument sans fondement parce que notre client est connu, c'est un ancien président, sa résidence est connue et il n'y a aucune crainte pour qu'il ne se présente pas", a dit l'avocat. Ce dernier a aussi dénoncé le fait que la défense n'avait toujours pas eu accès au dossier.Après plus de dix ans à la tête de ce vaste et pauvre pays sahélien de 4,5 millions d'habitants, M. Aziz poursuit sa descente aux enfers sous son successeur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, son ancien partenaire dans le coup d'Etat qui l'avait porté au pouvoir en 2008, son ancien chef d'état-major et ancien ministre de la Défense, dont il avait pourtant préparé l'accession à la présidence.M. Aziz dénonce un "règlement de comptes" destiné à le tenir à l'écart de la politique. Il a affirmé à la chaîne France 24 mardi, peu avant son placement sous mandat de dépôt, que le juge n'avait aucune preuve et que "les décisions sont prises par le ministère (de la Justice) sur instruction directment du président". Ses avocats affirment qu'il devrait bénéficier de l'immunité conférée, selon eux, par l'article 93 de la Constitution. Son successeur a constamment invoqué l'indépendance de la justice.