Mauritanie: libération de manifestants arrêtés lors de heurts après la présidentielle

Par AFP

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Des partisans de l'opposition mauritanienne arrêtés lors de heurts à la suite de l'élection présidentielle du 22 juin ont été libérés mardi, au lendemain de la proclamation de la victoire du candidat du pouvoir, a appris l'AFP de sources sécuritaire et judiciaire.

En revanche, le réseau internet mobile, coupé depuis le 23 juin, restait inaccessible mardi.Les quatre candidats de l'opposition qui continuent de contester l'élection au premier tour de l'ancien chef d'état-major, Mohamed Cheikh El-Ghazouani, proclamée lundi par le Conseil constitutionnel, ont affirmé mardi leur "disponibilité à contribuer à faire sortir le pays de la crise politique actuelle" par le dialogue, dans un communiqué conjoint.Les autorités n'ont fourni aucune estimation du nombre de personnes arrêtées lors des incidents qui ont éclaté après le vote - plusieurs centaines, selon l'opposition. Elles avaient également fait état de la détention d'une centaine de ressortissants de pays d'Afrique subsaharienne voisins, notamment sénégalais et maliens."Plusieurs militants et dirigeants de l'opposition interpellés lors de ces évènements ont été remis en liberté" mardi, a affirmé à l'AFP une source de sécurité, sans préciser de nombre.Des militants et dirigeants de la coalition ayant soutenu la candidature du journaliste Baba Hamidou Kane, arrivé en quatrième position, avec 8,7% des voix, figurent parmi les personnes libérées, a indiqué la même source, sans donner plus de détail.Des étrangers ayant pris part à ces heurts ont également été libérés et d'autres déférés et inculpés d'"atteinte à la sûreté de l'Etat", a appris l'AFP de source judiciaire, sans indication sur leur nombre.Par ailleurs, le président élu a quitté la Mauritanie lundi soir pour la France pour des raisons privées, selon les médias locaux.Il succédera le 2 août à Mohamed Ould Abdel Aziz, pour la première transition entre deux présidents élus dans ce vaste pays du Sahel secoué par de nombreux coups d'Etat de 1978 à 2008, date du putsch qui a porté M. Ould Abdel Aziz au pouvoir avant son élection en 2009. Ce dernier ne pouvait se représenter après deux mandats.