Merah: la famille prépare ses obsèques, son père veut poursuivre le Raid

Par La rédaction

ALGER (AFP) - (AFP)

La famille de Mohamed Merah, tué le 22 mars par la police française après avoir abattu trois militaires, ainsi que trois écoliers et un enseignant juifs en France, préparait mercredi l'enterrement en Algérie de ce membre autoproclamé d'Al-Qaïda. Evènement

Le père de Mohamed Merah a par ailleurs chargé une avocate d'Alger de poursuivre le Raid, une unité spéciale de la police française, pour n'avoir pas respecté la procédure pendant la tentative d'interpellation de son fils qui a conduit à son "assassinat".

"M.Merah considère que son fils a été assassiné.Il nous a chargés de porter plainte contre les services de sécurité français", a indiqué à l'AFP Me Zahia Mokhtari."Nous commencerons la procédure dès l'enterrement achevé", a-t-elle poursuivi.

Les préparatifs des obsèques se sont poursuivis mercredi.

"Je suis en train de coordonner les détails des obsèques avec le père qui est complètement dépassé par les événements", a confié à l'AFP Djamel Aziri, l'oncle maternel du tueur.

La dépouille de l'ancien délinquant multirécidiviste est attendue jeudi en début d'après-midi à Alger, en provenance de Toulouse, où elle devrait être embarquée sur un vol régulier d'Air Algérie prévu à 13H15 (11H15 GMT), a affirmé à l'AFP à Alger un proche de la famille sous le couvert de l'anonymat.

Mais il faut encore obtenir le feu vert du consulat algérien de Toulouse et fixer le jour des obsèques.

Les familles paternelle et maternelle du tueur sont originaires de la région de Médéa, à 80 km au sud-ouest d'Alger.Selon le maire de la commune d'Essouagui, dans la région, toutes les "mesures ont été prises pour assurer le bon déroulement des obsèques".

Ses parents, tous deux Algériens et séparés depuis environ 18 ans, ont demandé qu'il soit inhumé en Algérie, sa mère estimant que sa tombe en France pourrait être "profanée".

L'ainé des enfants Merah, Abdelghani et une soeur, Aïcha, avaient d'abord insisté pour que le "tueur au scooter" soit enterré en France, car il se considérait comme Français.

Finalement, "Abdelghani m'a appelé pour m'assurer qu'ils font le nécessaire pour le ramener en Algérie", a indiqué à l'AFP le père du tueur, Mohamed Benelal Merah."Mohamed a un passeport algérien et est inscrit au consulat de Toulouse depuis sa naissance", a ajouté le père.

Un jeune homme "un peu paumé"

La dernière visite en Algérie de Mohamed Merah, âgé de 23 ans, remonte à 2010.A l'époque, il n'était déjà pas comme les autres, à en croire son père.

"Il n'aimait pas trop sortir et restait dans sa chambre pour réciter des versets du coran et lire des livres.Dès qu'il entendait le muezzin (l'appel à la prière), il se précipitait à la mosquée", a-t-il raconté à l'AFP.

"Il craignait que mes deux autres enfants ne s'introduisent dans sa chambre.Il avait même installé une serrure", a-t-il ajouté.

Mais l'oncle maternel, Djamel Aziri, voit ce jeune homme comme "un peu paumé".Selon lui, "Mohamed voulait s'installer en Algérie où il comptait fonder un foyer parce qu'il avait fini par détester la France où sa situation sociale était devenue difficile", après avoir connu la délinquance et la prison.

"Il avait demandé à son père de lui acheter un appartement pour se marier mais a essuyé un refus", selon M. Aziri.Cette affirmation est démentie par le père du tueur.Selon lui, il était "prêt à le faire".

Lors d'une visite dans l'entreprise de BTP du père et un de ses domiciles à Frenda, à quelque 350 km au sud-ouest d'Alger, l'AFP a découvert une petite PME "florissante", selon les dires d'un de ses employés.

Dans la Cité aux 50 logements, en plein coeur de cette ville de quelque 75.000 habitants, M. Merah père habite un appartement avec sa troisième femme.

Si M. Merah a décidé de poursuivre le Raid, il estime que son fils "a eu tort" de tuer sept personnes, tout en soulevant la question de savoir si "c'est vraiment lui" qui les a tuées.

M. Merah avait auparavant dénié à tout responsable français le droit de lui "demander de se taire", en réponse au chef de la diplomatie française Alain Juppé qui lui avait conseillé de se "taire".