Meurtres des experts de l'ONU en RDC: HRW appelle à faire toute la lumière

13 mars 2020 à 17h04 par AFP

AFRICA RADIO

Trois ans après le meurtre de deux experts des Nations unies dans le centre de la République démocratique du Congo, un leadership plus fort est nécessaire pour faire toute la lumière, a estimé vendredi Human Rigths Watch (HRW) dans un communiqué.

L'Américain Michael Sharp et la Suédoise d'origine chilienne Zaida Catalan ainsi que leurs quatre accompagnateurs congolais avaient été tués le 12 mars 2017 dans la province du Kasaï-central (centre). "Trois ans plus tard, leurs familles, collègues et amis attendent toujours que justice soit rendue", regrette HRW, estimant qu'"un leadership plus fort est nécessaire pour dévoiler la vérité"."Toute la lumière doit être faite pour que la vérité soit révélée; les hauts fonctionnaires impliqués, anciens et actuels, ne doivent pas s'en tirer sans poursuites".Pour l'ONG, "le rôle joué par les agents de l'État congolais dans les meurtres est capital" dans cette affaire.Les deux experts de l'ONU enquêtaient sur des fosses communes dans le cadre d'un conflit armé qui a éclaté dans la région du Kasaï après la mort du chef coutumier Kamuina Nsapu, tué par les forces de sécurité.Le procès des assassins présumés de deux experts onusiens a été ouvert le 5 juin 2017. Près de 50 prévenus ont été inculpés: deux sont décédés en prison, 32 sont en détention, d'autres sont en fuite. La dernière audience a eu lieu jeudi. Le meurtre a été imputé par les autorités aux milices Kamuina Nsapu, avec des soupçons de duplicité de la part d'agents de l'État, selon HRW et des médias.Dans son communiqué, HRW a aussi appelé le président congolais Félix Tshisekedi "à faire preuve de la volonté politique nécessaire" pour que "les personnes les plus responsables [de ces] meurtres soient traduites en justice"."A plusieurs reprises, l'auditorat militaire n'a pas suivi les pistes disponibles ni interrogé de plus hauts-gradés, notamment ceux qui, en fin de compte, pourraient porter la responsabilité d'avoir planifié et ordonné les meurtres", estime HRW.La région du Kasaï avait été secouée par des violences meurtrières en 2016-2017 qui ont fait au moins 3.400 morts et plusieurs milliers de déplacés.