Mode : Ngagne Beye : Combat pour une meilleure reconnaissance

Par La rédaction

Ngagne Beye est un jeune styliste de nationalité sénégalaise qui vit en France. Il est né à Sinbia, ville située à l'ouest du Sénégal. Troisième d'une famille de 6 enfants, il témoigne d'une immense générosité vis-à-vis de son entourage. « C'est ce que j'ai appris à faire de mieux quand je vivais en Afrique avec mes frères et s�?urs. » affirme t-il. A 40 ans, Ngagne Beye est marié et père d'un enfant. AFRICA N°1 est allée à la rencontre de cet homme pour mieux le connaitre et comprendre ses motivations.Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer dans la couture ?L'Atelier « Beye couture » est une histoire de famille qui débute à Dakar avec l'ainé de la famille Omar Beye. Ce dernier ouvrira sont premier atelier en 1985. Quelques années plus tard, il se rend en Côte d'Ivoire où il passe quatre années à s'inspirer de la haute couture ivoirienne qui est très populaire en Afrique de l'Ouest. Il sera rejoint ensuite par son petit frère que je suis, Ngagne Beye. Je voulais réaliser un rêve d'enfant qui était d'être l'un des couturiers africains le plus connu au monde. Je décide à mon tour de travailler dans le monde de la mode et d'apprendre auprès de lui. Puis dans les années 90, nous avons décidé tous les deux de nous installer en France, à Paris, Capitale de la mode, pour mieux nous faire connaitre sur le plan international. Nous avons ainsi donc ouvert un atelier de couture dans le 19ème arrondissement de Paris. Que faites-vous aujourd'hui ? Aujourd'hui, nous essayons de nous diversifier. L'Afrique étant notre continent et l'amour que nous avons pour sa culture et sa beauté nous a poussés à ouvrir un deuxième atelier au Sénégal qui est chargé de la broderie et des recherches sur les matières à utiliser pour nos créations.C'est ainsi qu'Omar, le grand Frère est retourné en Afrique pour superviser le 2ème atelier monté. Il travail en étroite collaboration avec son fils Bada venu nous aider dans ce développement. Je continue de gérer l'atelier du 19ème avec d'autres membres de la famille vivant en France.Quelles sont les nouvelles tendances de la mode africaine actuellement en France ? Aujourd'hui les tendances sont variées. Mais notre créneau à nous a été de travailler le plus, sur la broderie et les boubous africains et ceux de type oriental. Comme vous pouvez le constater sur les photos, nous avons de longues robes en dentelles avec des manches plutôt rétro. Nous essayons de faire plaisir à notre clientèle basée en France et qui voudrait se faire plaisir en portant la mode africaine actuelle. Nous utilisons beaucoup le Basin et l'adaptons au style occidental. Chaque tenue commandée pour la broderie est d'abord expédiée au Sénégal pour être brodée et ensuite ramenée en France pour la touche finale. Quel est votre avis sur la mode africaine en France ? La mode africaine en France a beaucoup évolué. Au début des années 90, les jeunes Africains étaient très peu portés sur tout ce qui était tenues Africaines. Mais aujourd'hui, même les jeunes gens ne manquent pas une occasion pour se faire coudre un modèle. Notre clientèle est surtout jeune. Elle s'inspire très souvent de robes de grandes Stars qu'elle retrouve dans des magazines. On peut donc avoir une cliente qui voudrait qu'on lui confectionne une tenue sur mesure de Beyoncé en y ajoutant une touche africaine. Je constate donc qu'il y a une occidentalisation de la mode africaine. Selon moi, cela n'est pas néfaste. C'est un métissage qui donne un résultat très concluent et satisfaisant. Ce métissage a de l'avenir, car il touche toute les nationalités : Française, Magrébine�?� Comment voyez vous votre avenir dans la mode ? Notre but premier est de nous répandre dans tous les pays Européens. Nous voulons satisfaire au mieux notre clientèle et évoluer dans plusieurs domaines liés à la couture sur mesure. Depuis l'ouverture de l'atelier parisien, notre clientèle ne cesse de croitre surtout de bouche à oreille. Nous avons pour objectif de voyager très prochainement dans plusieurs pays africains dans le but de nous inspirer des dernières tendances. Nous souhaitons ouvrir un autre atelier qui confectionnera d'autres styles de vêtements, cela pour attirer une clientèle plus large soucieuse d'une qualité meilleure.TITI PALE