Mogadiscio: le gouvernement somalien entend chasser "les éléments violents"

Par La rédaction

MOGADISCIO (AFP) - (AFP)

Le gouvernement de transition somalien (TFG) a promis samedi de continuer à chasser les "éléments violents" de Mogadiscio, au lendemain d'une offensive pour repousser encore davantage les insurgés islamistes shebab de la capitale.

"Il y a encore quelques poches de résistance des terroristes mis en échec, ils ont lancé au moins six contre-attaques désespérées la nuit dernière, mais les soldats du TFG et de l'Amisom (force de l'Union africaine qui soutient le gouvernement) les ont repoussés," a assuré un responsable gouvernemental, Abdulahi Mohamed.

"Nos forces ont consolidé les positions prises hier et la situation est calme ce matin, mais la campagne militaire pour éliminer les éléments violents de Mogadiscio continuera," a-t-il poursuivi.

Selon le responsable, six soldats somaliens sont morts depuis vendredi et 18 autres ont été blessés.Vendredi, un photographe de l'AFP avait indiqué que trois militaires et un fonctionnaire somaliens avaient été tués dans une embuscade contre un convoi amenant des journalistes sur un site réputé conquis ce jour-là par les forces progouvernementales.

Selon M. Mohamed, l'offensive de vendredi a aussi fait 22 morts dans les rangs shebab, une information démentie par les insurgés qui affirment s'être retirés de certaines positions pour des raisons tactiques.

"L'ennemi chrétien et leurs alliés, les infidèles soldats somaliens, ont attaqué nos positions sur quatre côtés," a affirmé à des journalistes Sheikh Abdulaziz Abu Musab, un porte-parole shebab."Ils ont échoué à pénétrer sur trois côtés, mais ont réussi à traverser une route, où ils ont perdu de nombreux soldats, y compris des responsables militaires haut gradés."

"Les combats vont continuer," a-t-il averti.

Les forces progouvernementales somaliennes ont lancé vendredi une offensive d'ampleur pour conquérir les derniers bastions islamistes du nord de Mogadiscio.Même si ses soldats ougandais et burundais ont déjà effectué des percées au delà des limites de la capitale ces derniers mois, l'Amisom a aussi affirmé à cette occasion avoir, pour la première fois, conquis une position hors de Mogadiscio.

Les shebab, qui se revendiquent d'al-Qaïda et ont juré la perte du fragile gouvernement de transition soutenu par la communauté internationale, avaient été contraints de se retirer de la quasi-totalité de leurs positions à Mogadiscio en août.Ils ont depuis multiplié les actes de guérilla dans la capitale, dont ils contrôlent toujours les abords.

Les insurgés ont également vu ces derniers mois leur emprise sur le sud et le centre de la Somalie fragilisée par une offensive des soldats kényans et une incursion de troupes éthiopiennes.

Les combats incessants en Somalie aggravent, dans le pays, ce que les Nations unies considèrent comme la plus grave crise humanitaire au monde actuellement.

La Somalie a été durement frappée par la sécheresse dans la Corne de l'Afrique.Malgré une aide internationale conséquente, l'ONU estime que la famine touche encore trois provinces du sud somalien et 250.000 personnes.

Le pays est sans gouvernement effectif et en état de guerre civile depuis 20 ans.