Mohamed Atao Hinnouho, député béninois incarcéré, évacué en France

Par AFP

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Le député béninois Atao Mohamed Hinnouho, incarcéré depuis le mois de mai pour trafic de médicaments, va être évacué en France pour raisons de santé, a annoncé mercredi à l'AFP le tribunal de Cotonou.

"Le procureur de la République a signé une lettre d'évacuation sanitaire du député Atao Mohamed Hinnouho" qui a été transmise à l'Agence pénitentiaire du Bénin dès mercredi, a indiqué une source au sein du Tribunal de Cotonou.En détention depuis mai 2018, Mohamed Atao Hinnouho a été condamné en appel en novembre à six ans de prison ferme et plusieurs milliards de francs CFA d'amende dans l'affaire des faux médicaments qui avait ébranlé le pays d'Afrique de l'Ouest. "On lui a notifié une évacuation sanitaire sur la France parce que son état de santé s'est dégradé. Il partira probablement le jeudi 31 janvier", a confirmé à l'AFP Loukman Fadéyi, porte-parole du parti Réso Atao dont il était le président. "Je ne saurais dire le mal dont il souffre, mais je sais qu'il présente un malaise au niveau des reins parce qu'il ne tient plus sur ses deux jambes", a poursuivi le porte parole du parti. "Depuis plusieurs mois, notre frère se déplace en fauteuil roulant. Il a considérablement maigri", a également confié Amzat Amoussa, un proche de la famille du député joint au téléphone. Il y a 9 jours, le député avait été admis aux urgences de l'hôpital de référence de Cotonou "pour un malaise". Mohamed Atao Hinnouho est considéré comme l'une des chevilles ouvrières au Bénin du laboratoire New Cesamex, dont le siège est en République Démocratique du Congo. D'importants stocks de médicaments avaient été saisis à son domicile et son immunité parlementaire avait été levée le 24 juillet 2018. Le Bénin a la réputation - avec son grand voisin nigérian - d'être la plaque tournante du commerce illicite des médicaments en Afrique de l'Ouest. Les faux médicaments ou médicaments importés de manière illégale circulent notamment en passant par le port de Cotonou. Le gouvernement du président Patrice Talon, élu en 2016, a décidé de combattre ce fléau, qui tue près de 100.000 personnes chaque année en Afrique sub-saharienne, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Des dizaines de tonnes de faux médicaments ou de médicaments qui échappent à la commercialisation officielle ont été saisis et des dizaines de personnes arrêtées au Bénin.