Mort d'un chanteur populaire: 2.000 éthiopiens poursuivis pour des violences

24 septembre 2020 à 14h40 par AFP

AFRICA RADIO

Quelque 2.000 personnes sont poursuivies en Ethiopie dans le cadre des violences qui avaient suivi le meurtre en juin d'un chanteur populaire oromo, a déclaré jeudi l'avocat général, niant que ces enquêtes aient un motif politique.

Le meurtre le 29 juin d'Hachalu Hundessa, dont les chansons exprimaient le sentiment de marginalisation des Oromos, avait déclenché plusieurs journées de violences entre communautés et de la part de l'armée et de la police. Plus de 9.000 personnes, dont des journalistes et des leaders d'opposition, avaient été arrêtés en masse, suscitant des critiques à l'endroit du Premier ministre Abiy Ahmed, lauréat en 2019 du prix Nobel de la Paix."Le chiffre que nous avons actuellement est d'environ 2.000 suspects poursuivis pour leur participation aux violences qui ont eu lieu en région Oromia", a dit l'avocat général Gideon Timothewos lors d'une conférence de presse organisée dans les bureaux du Premier ministre. Parmi les principaux hommes politiques concernés figure Jawar Mohammed, un ancien magnat des médias et allié d'Abiy Ahmed devenu l'un de ses plus féroces détracteurs.M. Jawar est accusé de plusieurs crimes, dont terrorisme et incitation à la violence.Lundi, lors d'une audience devant le tribunal, il a rejeté le dossier monté contre lui, dénonçant un complot d'Abiy Ahmed pour bloquer ses rivaux plutôt que de les affronter dans les urnes lors des élections générales de l'année prochaine.M. Gideon a rejeté jeudi l'idée que les dossiers judiciaires montés contre M. Jawar et d'autres aient un objet politique. "Certains des accusés sont des hommes politiques mais ils ne sont pas poursuivis pour leur activité politique", a-t-il dit. "Nous devons faire la distinction entre des mobilisations politiques pacifiques, dans le cadre de la loi, et le type de rhétorique, d'activisme politique ultranationaliste violent, qui a fait des morts et des blessés parmi les citoyens", a-t-il ajouté. La responsable presse de M. Abiy, Billene Seyoum, a déclaré lors de la même conférence de presse que les arrestations et les poursuites ne devraient pas susciter de doutes quant à la crédibilité des futures élections, qui représenteront un test majeur pour Abiy Ahmed."Les élections seront libres et équitables", a-t-elle dit. "Le fait d'appliquer la loi n'a rien à voir du tout avec le fait d'exclure (des élections) des voix éminentes".M. Gideon a ajouté que "plus de 160" personnes ont été tuées et "environ 360" blessées après le meurtre d'Hachalu Hundessa.Jusqu'ici le bilan officiel évoquait jusqu'à 239 décès.