Mouammar Kadhafi: les rebelles ont "perdu" leur bataille, "le peuple est avec moi"

15 mars 2011 à 8h46 par La rédaction

ROME (AFP)

Le colonel Mouammar Kadhafi a affirmé mardi que les rebelles étaient en passe d'être vaincus et que le peuple libyen était à ses côtés, disant aussi se sentir "trahi" par son ex-allié, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi.

Les rebelles "n'ont plus d'espoir, désormais c'est une cause perdue pour eux", a-t-il dit dans un entretien au quotidien Il Giornale dont l'envoyé spécial l'interrogeait sur le temps que pourraient mettre les forces gouvernementales pour reconquérir l'est de la Libye.

Pour les insurgés, il n'y a que "deux possibilités: se rendre ou fuir", a poursuivi le dirigeant libyen, en affirmant que "ces terroristes utilisent les civils comme boucliers humains y compris les femmes".

A propos du "risque d'un bain de sang" dans les grandes villes qui sont encore aux mains des rebelles, le dirigeant libyen a déclaré: Il "faut combattre le terrorisme.C'est pour cela que nous avançons rapidement pour éviter des massacres".

"S'ils se rendent, nous ne les tuerons pas", a poursuivi le colonel Kadhafi, en soulignant que "l'ordre donné aux troupes est de les encercler, de les assiéger".

Il a exclu toute négociation avec les insurgés: "dialoguer avec qui?Négocier avec des terroristes liés à Ossama ben Laden n'est pas possible.Eux-mêmes ne croient pas au dialogue, ils ne pensent qu'à combattre et tuer, tuer, tuer".

La communauté internationale "ne sait pas ce qui se passe vraiment en Libye, le peuple est avec moi, le reste n'est que propagande", a indiqué M. Kadhafi.

Selon lui, la population de Benghazi "a peur de ces gens et il faut que nous la libérions" de leur présence."Les gens nous demandent d'intervenir en disant: "Libérez-nous de ces bandes armées".

Le dirigeant libyen s'est dit très déçu de l'attitude européenne en particulier de l'Italie."Je suis tellement choqué, je me sens trahi, je ne sais pas quoi dire à Berlusconi", a-t-il dit, en affirmant "n'avoir plus aucun contact avec l'Italie ni avec Berlusconi".

A propos de la présence très forte en Libye du groupe italien ENI (pétrole, gaz), il "souhaite que le peuple libyen réexamine les liens économiques et financiers et ceux en matière de sécurité avec l'Occident".