Mozambique: Credit Suisse va coopérer après l'arrestation de trois ex-collaborateurs

Par AFP

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Credit Suisse va coopérer avec les autorités américaines après l'arrestation de trois de ses anciens collaborateurs en lien avec des emprunts frauduleux au Mozambique, a indiqué la banque vendredi, précisant que l'établissement lui-même n'était pas visé.

"Selon l'acte d'accusation, les anciens collaborateurs du Credit Suisse auraient entravé les contrôles internes de la banque, agi à des fins de profit personnel et cherché à cacher ces activités à la banque", a souligné le numéro deux du secteur bancaire helvétique dans un communiqué."Aucune action n'est intentée à l'encontre du Credit Suisse", a ajouté la banque. Les trois anciens collaborateurs, qui ont depuis quitté la banque, ont été inculpés à New York pour leur implication dans un montage financier autour de prêts, garantis à titre public par l'ancien ministre des Finances du Mozambique, Manuel Chang, qui avaient permis de lever plus de deux milliards de dollars. Ces projets, qui n'ont finalement jamais vu le jour, ont servi d'écrans pour lever des fonds dont une partie a été détournée pour payer des pots-de-vin et à des fins d'enrichissement personnel, avant que les entités qui en ont officiellement bénéficié ne fassent défaut, selon l'acte d'inculpation publié jeudi. Les trois anciens employés auraient notamment dissimulé des informations concernant les risques de corruption afin de déjouer les systèmes de contrôle de la banque, selon ce document.Interpellés jeudi à Londres à la suite d'une demande d'extradition des autorités américaines, ils ont été remis en liberté sous caution.Manuel Chang, en poste de 2005 à 2015, a lui été interpellé samedi dernier en Afrique du Sud où il a été placé en détention provisoire. Également inculpé pour son implication dans ce montage financier, l'homme d'affaires libanais Jean Boustani qui a été interpellé à l'aéroport de New York mercredi. Le Mozambique est plongé dans une grave crise financière, alors que plusieurs donateurs majeurs, dont le Fonds monétaire international (FMI), ont suspendu leur aide au Mozambique après la découverte de ces emprunts frauduleux.Le principal parti d'opposition du Mozambique, Renamo, a souligné que les dettes résultant de cette fraude "ne doivent pas être payées par le peuple mozambicain".Dans un communiqué, Renamo s'est félicité de "l'action énergique" de la justice américaine mais a fustigé "l'inertie des autorités mozambicaines" et du parti Frelimo au pouvoir."L'arrestation de l'ancien ministre des Finances Chang et des anciens banquiers de Credit Suisse (...) confirme l'existence de pratiques criminelles de la part des dirigeants du Frelimo", a-t-il dit.