Mozambique: l'opposition appelle la population à rejeter les "méga-fraudes" électorales

21 octobre 2019 à 15h30 par AFP

AFRICA RADIO

Le principal parti d'opposition du Mozambique, la Renamo, a appelé lundi la population du pays à rejeter les "méga-fraudes" qui ont selon elle entaché les élections du 15 octobre et exigé une nouvelle fois l'organisation d'un nouveau scrutin.

Au terme de plusieurs heures de réunion, son chef Ossufo Momade a exigé le "rétablissement de la vérité électorale déniée au peuple mozambicain en raison des graves irrégularités qui ont entaché le processus".Il a également "exhorté tous les Mozambicains à ne pas accepter les méga-fraudes électorales".Les Mozambicains se sont rendus aux urnes la semaine dernière pour élire leur président, leurs députés et leurs assemblées provinciales dans un climat de vives tensions.La campagne électorale a été marquée par de nombreux incidents violents, alimentés par des accusations de fraudes au profit du régime lancées par l'opposition et la société civile.Les principales missions internationales d'observateurs ont émis elles aussi de nombreuses réserves sur la régularité du scrutin.La Commission électorale (CNE) publie depuis vendredi dernier des résultats partiels, qui donnent une très large avance au président sortant Filipe Nyusi et au parti au pouvoir, le Frelimo.Lundi soir, son site internet créditait M. Nyusi de 74% des suffrages après dépouillement de deux tiers des bureaux de vote et de 4,7 millions de bulletins, contre à peine 20% à Ossufo Momade, son principal adversaire.Le Frelimo, qui tient les rênes du pays depuis son indépendance en 1975, était crédité de 76% des voix aux législatives.Affaibli par une crise financière, un scandale de corruption et une insurrection jihadiste dans le nord du pays, le Frelimo avait réalisé la plus mauvaise performance de son histoire en 2018 aux élections locales, avec un score national de 51,8%.La publication des résultats des élections provinciales était toujours attendue lundi soir.La Renamo espérait, avant le scrutin, prendre le contrôle de plusieurs des dix provinces du pays.Le gouvernement et la Renamo, l'ex-rébellion de la guerre civile (1975-1992), avaient signé en août un accord de paix et de désarmement censé mettre un point final à leurs affrontements, récurrents depuis plus de quarante ans. Mais la campagne électorale a ravivé les tensions entre les deux camps.