Mozambique: la police a remis un opposant rwandais à l'ambassade du Rwanda

Par AFP

AFRICA RADIO

Le journaliste rwandais Cassien Ntamuhanga, opposant au régime du président rwandais Paul Kagame, récemment arrêté au Mozambique, a été remis à l'ambassade rwandaise à Maputo, a-t-on appris vendredi auprès de sources policière et associative au Mozambique.

"Ntamuhanga Cassien a été arrêté le 23 mai, sur l'île d'Inhaca, par sept policiers mozambicains et un agent des services secrets rwandais. Il a été remis à l'ambassade du Rwanda à Maputo le 1er juin", a affirmé à l'AFP la source policière mozambicaine. Selon cette source, le journaliste de 37 ans a été détenu pendant plus d'une semaine dans la capitale mozambicaine, avant d'être remis à l'ambassade, "d'où il est censé être conduit à Kigali".L'île d'Inhaca est située au large de la côte mozambicaine et sépare la baie de Maputo de l'océan Indien.Interrogé par l'AFP, le ministère mozambicain de l'Intérieur mozambicain a nié avoir procédé à l'arrestation."La police nous a d'abord confirmé sa détention, mais maintenant elle ne nous dit plus rien", a cependant déclaré à l'AFP Cleophas Habiyaremye, de l'Association mozambicaine des réfugiés rwandais."Mercredi, nous avons été informés qu'il serait remis à l'ambassade du Rwanda dans la nuit", a-t-il ajouté.Cassien Ntamuhanga, ex-directeur de la radio rwandaise Amazing Grace, a été condamné en 2015 à 25 ans de prison pour "formation d'un groupe criminel", "conspiration contre le gouvernement ou le président de la République" et "entente en vue de commettre un assassinat". Le journaliste s'était alors exilé au Mozambique. Il n'y pas d'accord d'extradition entre les deux pays. Reporters sans frontières (RSF) avait dénoncé une condamnation montrant la volonté du régime rwandais de "museler" toute voix dissonante avant la présidentielle en 2017. Le Rwanda, dirigé d'une main de fer par le président Paul Kagame depuis la fin du génocide qui a coûté en 1994 la vie à quelque 800.000 personnes, principalement des Tutsi, est régulièrement critiqué pour ses attaques contre la liberté d'expression. L'ONG Human Rights Watch a dénoncé en mars les arrestations et les menaces des autorités, au cours de l'année, contre au moins huit personnes couvrant ou commentant l'actualité du pays.Président depuis 2000, Paul Kagame a fait modifier la Constitution en 2015, ce qui lui permet théoriquement de rester au pouvoir jusqu'en 2034.Fin avril, le président mozambicain, Filipe Nyusi, s'était rendu en visite officielle à Kigali.