Mozambique: la Renamo veut éviter l'escalade des affrontements

Par La rédaction

MAPUTO (AFP)

L'ex-groupe rebelle mozambicain Renamo, dont des éléments isolés ont attaqué un poste de police mardi, a promis de ne pas lancer de représailles après l'attaque de sa base par l'armée, mais demande aux troupes gouvernementales de se retirer.

"La Renamo réaffirme qu'elle ne veut pas un retour à la guerre", a déclaré Lourenço do Rosário, négociateur indépendant qui assure la liaison entre le pouvoir et les ex-rebelles.

La Renamo, a-t-il ajouté, "ne va pas riposter à l'attaque des troupes gouvernementales, mais demande à ce que le chef de l'Etat retire ses troupes de la zone, de façon à ce que le leader de l'opposition (chef de la Renamo) Afonso Dhlakama puisse continuer à diriger ses forces", 

Lundi, l'armée avait pris la base militaire de la Renamo, obligeant Afonso Dhakama à s'enfuir.

La Renamo a immédiatement réagi en dénonçant l'accord de paix signé en 1992, qui avait mis fin à une guerre civile meurtrière -- un million de morts -- débutée en 1977.

Mardi matin, des éléments isolés de la Renamo, agissant de leur propre initiative, ont attaqué un poste de police dans le centre du pays, sans faire de victimes, laissant craindre une intensification des accrochages.

Le porte-parole de la Renamo, Fernando Mazanga, a certes admis que des ex-rebelles étaient à l'origine de l'attaque, mais assuré qu'ils avaient agi sans ordres, dans une réaction spontanée à l'attaque de leur base par l'armée.

Face à cette escalade de la violence, les Etats-Unis, par la voie de leur ambassade à Maputo, ont rapidement fait part de leur inquiétude: "Nous appelons toutes les parties à faire preuve de retenue, et à prendre des mesures visibles et efficaces pour calmer les tensions et éviter les risques d'escalade du conflit", indique un communiqué..

En fin de journée mardi, le négociateur a fait savoir que la Renamo réclamait que l'armée évacue sa base et laisse ses hommes y revenir.Le pouvoir n'avait pas encore répondu à cette proposition vers 16h00 GMT.Le négociateur s'est contenté de rappeler que le pouvoir restait ouvert à des contacts avec les ex-rebelles.

La Renamo, mouvement anti-communiste qui a mené une guerre contre le Frelimo marxiste entre 1977 et 1992 et s'est particulièrement faite remarquer par sa cruauté envers les civils, a perdu aujourd'hui les soutiens qui étaient les siens à l'époque de la guerre froide, notamment de la part de sa grande voisine l'Afrique du Sud.

Selon Aditi Lalbahadur, chercheuse à l'institut sud-africain des affaires internationales, la Renamo n'a de toute façon pas les moyens militaires de relancer un conflit. 

De son côté, le gouvernement, qui commence à exploiter les énormes ressources d'hydrocarbures récemment découvertes, n'a aucun intérêt à susciter l'insécurité dans le pays: "Le Mozambique s'efforce d'attirer les investisseurs étrangers, donc toute forme d'instabilité politique jouerait en leur défaveur", dit cette analyste.

Après des années de paix, la situation a toutefois commencé à se dégrader l'année dernière, lorsque Dhlakama a établi sa base dans les monts Gorongosa, dans le centre du pays, et recommencé à entraîner des guérilleros.Depuis avril dernier, les tensions qui couvaient se sont transformées à nouveau en affrontements armés.

L'ex-guérilla, devenue premier parti d'opposition du pays, dénonce la politique du Frelimo, au pouvoir depuis 1975, qu'elle accuse d'accaparer le pouvoir et les richesses naturelles.Le Frelimo avait obtenu 75% des voix à la présidentielle de 2009, contre un peu plus de 16% à la Renamo, qui a crié à la fraude.