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Niger: Barkhane "n'est pas là pour couler des lingots d'or" (colonel français)

12 juillet 2019 à 16h52 Par AFP
L'armée française, voulant tordre le cou aux rumeurs qui circulent au Niger sur la présence militaire française dans le cadre de l'opération Barkhane, a invité pour la première fois la presse nigérienne à visiter sa base aérienne de Niamey, rappelant que son objectif était de "lutter contre les groupes terroristes". "On n'est pas là pour couler des lingots d'or. Ca, c'est complètement fantasmagorique", a déclaré devant la presse le colonel Patrice Morand, commandant de la base, en faisant allusion à une de ces rumeurs."Les objectifs du volet militaire sont: affaiblir les groupes terroristes, participer à la montée en puissance des forces partenaires, et l'appui au développement", a-t-il souligné."L"éradication (des groupes terroristes) n'arrivera qu'avec les forces locales. Nous, on est là pour leur donner l'ascendant. On s'inscrit dans le temps long (...) mais nous sommes là à la demande de l'Etat nigérien souverain et on partira dès que celui-ci le demandera". Une vingtaine de journalistes locaux accompagnés par l'ambassadeur de France, Alexandre Garcia, ont été invités sur la base par l'armée qui a voulu jouer "cartes sur table", selon l'expression du diplomate.Depuis quelques mois, il existe un sentiment antifrançais grandissant dans le pays alors que des rumeurs et des fausses nouvelles circulent sur la présence des forces étrangères (françaises mais aussi américaines et allemandes). Parmi ces rumeurs circulant sur les réseaux sociaux ou entendues dans les lieux publics, notamment dans les Fada (clubs de jeunes qui se réunissent régulièrement): "La France exploite l'or et l'uranium en secret et l'exporte à travers la base", "La France organise la déstabilisation du Niger", "La France est de mèche avec les jihadistes", "C'est la présence française qui fait qu'il y a des groupes jihadistes". Lors de la visite, l'armée a exposé ses appareils aériens: 3 drones, 4 Mirage, 2 ravitailleurs et 2 avions de transport. Le colonel Morand a aussi expliqué le fonctionnement de la base et des avions, la coordination avec les forces nigériennes ainsi que les règles d'engagement."Les décisions de tir sont prises (en France) à Lyon (commandement aérien) et N'Djamena (commandement de Barkhane). Il faut qu'il y ait une identification positive (des jihadistes). On ne veut pas faire de bavures. S'il y a des civils, des femmes, des enfants... on ne tire pas. On ne prend pas de risques", a-t-il assuré.Selon les chiffres présentés par le colonel, la base aérienne, qui compte 400 hommes (sur les 4.500 de Barkhane), a procédé à 22 frappes et 5.000 mouvements d'avion sur les 12 derniers mois.