Niger: des centaines d'hectares de riz détruits par des inondations

Par AFP

AFRICA RADIO

Plusieurs centaines d'hectares de riz ont été détruits dans les inondations survenues début novembre dans la région de Diffa, dans le sud-est du Niger, déjà éprouvée par des attaques meurtrières des jihadistes de Boko Haram, ont annoncé les autorités locales.

Plus de 400 hectares de riz soit une production de près de 3.000 tonnes ont été perdus, a déclaré le gouverneur de la région Mahamadou Bakabé à la télévision publique dimanche soir. M. Bakabé a chiffré à plus de 717 millions de francs CFA (plus d'un million d'euros) les pertes, qui risquent d'aggraver la situation alimentaire de milliers paysans de Diffa dont de nombreux villages accusent cette année des déficits céréaliers, selon le gouvernement. Les inondations ont été provoquées par la crue de la Komadougou Yobé, une rivière prenant sa source au Nigeria voisin, selon les services de la météorologie. A Diffa, le riz et le poivron sont cultivés dans le bassin du lac Tchad, situé à cheval entre le Niger, le Tchad et le Nigeria, et sur les rives de la Komadougou Yobé. Ce cours d'eau sert également de frontière naturelle entre le Niger et le Nigeria. La région de Diffa qui est le théâtre de nombreuses attaques de Boko Haram depuis février 2015, abrite plus de 300.000 réfugiés et déplacés, dont des milliers vivent aux dépens d'une population locale déjà très pauvre, selon l'ONU. Son économie qui repose essentiellement sur la pêche et l'agriculture subit les contrecoups des mesures sécuritaires visant à contenir les attaques incessantes et les infiltrations des islamistes nigérians de Boko Haram. Les autorités avaient interdit le commerce du poisson et fermé quelques marchés.Les activités agricoles ne sont pas encore autorisées sur les terres trop proches de la frontière nigériane, d'après les autorités.En revanche, la culture du poivron, un pilier de l'économie locale, a été de nouveau autorisée après deux ans d'interdiction dans la région où cette filière, qui génère entre 7 et 10 milliards de FCFA de revenus par an (10 à 15 millions d'euros), est soupçonnée de financer les activités des islamistes. En octobre, le Parlement a reconduit l'état d'urgence imposé dans la région depuis 2016.