Niger: grand défilé sous haute sécurité pour la fête nationale

Par AFP

AFRICA RADIO

Le Niger a célébré sa fête nationale mardi par un grand défilé militaire et civil sous haute sécurité à Zinder, à 800 km à l'est de la capitale Niamey.

Cette région est voisine de celle de Diffa (sud-est) qui est confrontée à des attaques récurrentes du groupe iihadiste nigérian Boko Haram. Outre le président nigérien Mahamadou Issoufou, trois chefs d'Etat - Muhammadu Buhari (Nigeria), Faure Gnassingbé (Togo) et Teodoro Obiang Nguema (Guinée Equatoriale) - avaient fait le déplacement pour ce 60e anniversaire de la République du Niger, une ex-colonie française. Le défilé de deux heures a couronné plusieurs jours de compétitions culturelles et sportives auxquelles ont participé un millier de jeunes des huit régions du pays.Il s'est surtout déroulé sous très haute sécurité, bien que Zinder soit jusqu'ici épargnée par les attaques de Boko Haram qui touchent depuis 2015 Diffa, la région voisine. Dans un message lundi soir, le président Issoufou a promis de poursuivre le combat contre "le terrorisme" auquel son pays fait face à la quasi totalité de ses frontières. "Le gouvernement poursuivra avec fermeté la lutte engagée contre le terrorisme et le crime organisé sur tous les fronts", a-t-il affirmé, regrettant que le Niger ait "déjà payé un lourd tribut". Il a annoncé la construction d'un "mémorial" dédié aux "soldats tombés au front". En janvier, l'ONU a répertorié 582 victimes civiles dans 244 attaques attribuées à Boko Haram entre 2015 et 2017 dans la seule région de Diffa. L'ONU n'avait pas fourni de bilan des militaires nigériens qui paient un lourd tribut avec des dizaines de morts. Début décembre, Niamey a dit craindre des attaques de Boko Haram contre les forces nigériennes début 2019 et souhaité former des forces spéciales contre les jihadistes. Les autorités ont instauré l'état d'urgence à Diffa et dans plusieurs zones de l'ouest, proches du Mali et du Burkina Faso, souvent théâtres d'attaques d'islamistes ainsi que dans le Parc du W, à cheval sur le Niger, le Burkina et le Bénin, désormais considéré comme une zone à hauts risques. Malgré des frontières poreuses, le Niger apparaît comme l'un des pays les plus stables dans une zone sahélienne en proie aux troubles.