Niger: la Cominak, filiale d'Orano, menacée de fermeture (ministre nigérien)

11 mai 2019 à 10h37 par AFP

AFRICA RADIO

La Cominak, une des deux filiales nigériennes du groupe français Orano "pourrait à terme fermer" en raison de prix de l"uranium très bas et aussi de coûts de production élevés, a prévenu samedi le ministre des Mines du Niger devant les députés.

"La situation de la Cominak est très diffcile, très préocupante, et pourrait à terme fermer", a dit Hassane Barazé, le ministre nigérien des Mines, répondant à un parlementaire sur "la fermeture" de cette mine souterraine exploitée depuis 1978 dans le nord désertique du Niger."Quand on prend le cas de la Cominak (...) les réserves s'épuisent et très chers à exploiter surtout avec des conditions des prix (d'uranium) très bas", a expliqué le ministre.Le prix spot de l'uranium "tourne autour de 35.000 FCFA à 36.000 FCFA (53,3 euros à 54,8 euros) "alors que les coûts de production de la Cominak tournent autour de 49.000 FCFA à 50.000 FCFA (74 euros à 76 euros)", a-t-il souligné.Selon le ministre, la Cominak "vit" déjà avec à "un découvert de 12 milliards FCFA (plus de 18 millions d'euros) accordés par des banques". Elle avait "clôturé l'exercice 2017 avec une perte nette de 16 milliards FCFA (24,3 millios d'euros)" et pour 2018 une perte d'"au moins 17 milliards (25,9 millions d'euros)".En 2019, elle "va clôturer certainement avec un trou de 8 milliards (12 millions d'euros) dans sa trésorerie", a pointé le ministre Barazé. Un relèvement des prix de 40.000 FCFA (60 euros) à 45.000 FCFA (68 euros), négocié entre les présidents nigériens et français, avait "permis à la Cominak de ne pas fermer en 2018", a révélé le ministre Barazé. Pour "assurer la viabilité" des deux filiales nigériennes (Cominak et Somaïr), Orano avait pris en 2017 des mesures drastiques d'économie, dont plusieurs centaines de licenciements et "des réductions progressives de production". L'uranium nigérien représente un tiers de la production totale d'Orano qui exploite l'uranium depuis 50 ans dans le nord du Niger.bh/pgf/nas